• Les jeux vidéo d'action au secours de la dyslexie

    Les jeux vidéo d'action au secours de la dyslexie

    Les jeux vidéo d'action au secours de la dyslexie

    Mots clés : Dyslexie, jeux vidéo
    Par figaro iconStéphany Gardier - le 18/02/2014
    En améliorant la capacité d'attention des enfants, ces jeux pourraient s'avérer utiles dans la panoplie d'outils pour leur rééducation.

    Difficulté à lire, à écrire et à apprendre: 5 à 10% des enfants scolarisés seraient concernés par la dyslexie. Elle s'accompagne parfois de troubles de l'attention rendant difficile l'intégration d'informations de différente nature telles que les sons et les images. Les résultats d'une étude anglaise publiés dans la revue Current Biology suggèrent que chez certains sujets dyslexiques l'association entre lettres et sons est perturbée par une asymétrie de traitement des stimuli par le cerveau, et que l'utilisation de jeux vidéo pourrait être utile à leur rééducation.

    Pendant plus de vingt ans, il a été admis que les enfants dyslexiques souffraient d'un problème phonologique: une difficulté à isoler les «phonèmes», les différents sons qui composent un mot. «Parler de la dyslexie comme s'il n'en existait qu'une seule forme n'est pas juste», explique Sylviane Valdois, directrice de recherche CNRS au laboratoire de psychologie et neurocognition (Grenoble). «Nous sommes nombreux à penser qu'il existe en fait différents sous-groupes de patients, pour qui les causes des symptômes dyslexiques ne sont pas identiques.»

    Dès 2007, la chercheuse proposait une explication alternative de la dyslexie. «Nous avons montré chez des enfants anglais et français que certains présentaient de manière isolée, ou en plus d'un trouble phonologique, des ressources attentionnelles visuelles limitées», explique-t-elle. Déchiffrer un mot nécessite de porter son attention sur chaque lettre, or un tel déficit empêche de considérer plus de quelques lettres à la fois, rendant la lecture plus que fastidieuse.

    L'étude recommande d'apprendre à lire grâce... aux sons!

    Pour évaluer ces capacités attentionnelles, les chercheurs anglais ont mesuré chez 17 adultes dyslexiques le temps de réponse à des signaux visuels et auditifs présentés alternativement. Les résultats montrent que le délai est plus long chez les sujets dyslexiques et surtout lorsqu'un signal auditif arrive juste après une stimulation visuelle. Ceci démontre une asymétrie de traitement des informations, selon l'ordre dans lequel elles se présentent.

    Les jeux vidéo d'action obligent le cerveau à traiter rapidement des informations auditives et visuelles aléatoires. Ils pourraient donc aider les enfants dyslexiques. «Ceci rejoint les conclusions publiées en 2013 par des chercheurs italiens qui montraient que ces jeux vidéo pouvaient être un outil de plus dans la rééducation des dyslexiques», relève Sylviane Valdois. Toutefois, elle se veut prudente: l'étude italienne a été conduite sur un très petit nombre de sujets dyslexiques, et elle n'a pas évalué d'éventuels effets négatifs sur les jeunes enfants.

    «Nous pensons également que les dyslexiques apprendraient plus facilement les associations entre les sons et les lettres s'ils entendaient d'abord un son puis voyaient les lettres qui leur correspondent», explique Vanessa Harrar, auteur de l'étude anglaise. Une approche totalement opposée au principe même de la lecture, et pour laquelle les scientifiques ne proposent pas encore de solution pratique. «Lire, c'est en premier lieu traiter une information visuelle pour en faire ensuite autre chose, il paraît donc difficile d'aborder la lecture par les sons», conclut Sylviane Valdois.


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