• Définition des troubles de l'humeur Unipolaires et Bipolaires :

    Les Troubles dépressifs (c.-à-d. Trouble dépressif majeur et Trouble dysthymique) se distinguent des Troubles bipolaires par l'absence d'antécédents d'épisode maniaque, mixte ou hypomaniaque.

    Le Trouble dépressif majeur est caractérisé par un ou plusieurs épisodes dépressifs majeurs (c.-à-d. une humeur dépressive ou une perte d'intérêt pendant au moins deux semaines associée à au moins quatre autres symptômes de dépression).

    Les Troubles bipolaires (c.-à-d. Trouble bipolaire I, Trouble bipolaire II et Trouble cyclothymique) comportent la présence (ou des antécédents) d'épisodes maniaques, d'épisodes mixtes ou d'épisodes hypomaniaques accompagnés habituellement de la présence ou d'antécédents d'épisodes dépressifs majeurs.

    Le Trouble bipolaire I est caractérisé par un ou plusieurs épisodes maniaques ou mixtes habituellement accompagnés d'épisodes dépressifs majeurs.

    Le Trouble bipolaire II est caractérisé par un ou plusieurs épisodes dépressifs majeurs accompagnés par au moins un épisode hypomaniaque.
    (Source : Les troubles bipolaires, Hôpital Erasme, ULB)


    Troubles bipolaires ou Haut Potentiel ?

    Bien qu'on considère généralement que les troubles bipolaires affectent les adultes à partir de 20-30 ans, on voit de plus en plus d'enfants HP diagnostiqués un peu vite "bipolaires".

    Si ces enfants peuvent présenter des comportements hautement émotionnels dans des situations de stress, comme un divorce ou la mort d'un proche, ceux-ci ne rencontrent pas les critères d'un véritable trouble bipolaire.

    Les troubles bipolaires

    Les troubles bipolaires étant divers et variés, on pourrait résumer en disant que :

    En phase maniaque, les hauts ("Highs") sont caractérisés par leur caractère grandiose, une énergie extrême, parfois de l'irritabilité pendant une période d'au moins une semaine. L'individu peut se lancer dans des projets insensés, dépenser sans compter et même demander à ses amis ou à sa famille de le suivre, sans égard pour la manière dont cela pourrait les affecter.

    Pendant ces périodes, il dormira peu, ses pensées iront plus vite que l'éclair, il sera très (trop) sociable, voire intrusif, le tout pouvant déboucher sur des problèmes de drogues, dettes, perte de job ou d'amis, culminant parfois avec une hospitalisation. Les symptômes sont extrêmes et empêchent clairement la personne de fonctionner normalement.

    En phase dépressive ("Downs"), l'individu est si déprimé que rien ne semble valoir la peine. "Tout" paraît trop difficile, inutile. Fatigue, perte d'énergie, problème de concentration, difficulté à prendre des décisions, à aller dormir ou à se lever le matin. L'individu est si préoccupé par ses échecs et ses déceptions qu'il se sent nul et désespère. Perte d'appétit ou hyperphagie, pensées suicidaires persistantes peuvent se manifester.

    http://www.douance.be/douance-troubles-bipolaires.htm


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  • De très nombreux adultes surdoués, détectés ou non, se plaignent d’être épuisés de façon presque chronique.

    Certains sont même qualifiés de fainéants ou vont jusqu’à se considérer comme tels, d’autres vont s’habituer à produire des sur-efforts, en perdant tous fondamentaux et en encaissant tout.

    On va revenir sur cet aspect qui met surtout en avant l’inconvénient de l’hyperesthésie.

    L’hyperesthésie chez les surdoués

    On le sait, les surdoués sont hyperesthésiques, à savoir, qu’ils ont les sens plus développés que le « commun des mortels » : oreille absolue, mémoire auditive exceptionnelle, acuité visuelle au delà de 12/10, sens olfactif permettant de séparer les odeurs (comme les chiens), idem pour le goût, allergie à certaines matières, rien qu’au toucher, douleurs physiques sur des sons, etc… 

    Ce que l’on sait moins c’est que cette hyperesthésie peut se révéler un véritable handicap dans la vie de tous les jours, surtout quand on ne sait pas que l’on est surdoué !

    L’envers du décor de l’hyperesthésie

    Pour faire comprendre l’hyperesthésie, c’est exactement comme pour les personnes portant des appareils auditifs (du moins les anciens modèles des années 80).

    Le son des voix est augmenté pour entendre, mais également tous les autres sons extérieurs.

    La personne portant un tel appareil (comme ce fut le cas d’une de mes cousines) arrive à un épuisement complet et se voit dans l’obligation, à un moment où un autre, de couper le son.

    Cette image illustre parfaitement ce que ressentent par exemple de nombreux surdoués dans des environnements bruyants.

    Il leur est non seulement impossible de se concentrer, les stimulations sensorielles étant trop importantes, mais l’épuisement intellectuel nécessité par le traitement de tous ces sons, qui ne forment pour d’autres qu’un simple brouhaha, n’est pas à négliger.

    On peut avoir des personnes proches de la syncope, au bout de une ou deux heures de fêtes de famille par exemple.

    C’est donc bien l’impossibilité de faire abstraction des sons extérieurs qui est la cause de l’épuisement du surdoué.

    Idem pour des situations d’hyper stimulation visuelle comme au cinéma ou lors d’expositions, ou encore sur un dancefloor.

    L’impossibilité de diminuer son hyperesthésie

    Il est très difficile, voire impossible de diminuer l’hyperesthésie.

    Porter des lunettes de soleil en hiver, moyen. Mettre des écouteurs pour se couper des autres, pas mieux.

    De plus, il est très difficile de faire comprendre à son entourage, que l’on ne peut pas se concentrer sur ce que l’on fait, à cause de bruits à l’extérieur… qu’ils n’entendent même plus !

    On rencontre un des problèmes récurrents du surdoué : l’impossibilité pour le cerveau d’établir des priorités dans le traitement des données qu’il reçoit.

    Quand l’hyperesthésie tourne au retrait social

    On en parle peu, mais il arrive que de nombreux surdoués fassent un retrait social, uniquement à cause de ce problème, plus qu’à cause de difficultés d’interaction avec l’autre.

    C’est un peu comme les autistes qui, devant le stress et la fatigue émotionnelle générés par des émotions trop fortes, ont besoin d’un carcan rassurant, fait de petites habitudes.

    De très nombreux surdoués hyperesthésiques n’aspirent qu’à une chose, calme et tranquillité et peu d’interaction avec les autres.

    Malheureusement à la longue, on peut se retrouver avec une vie aux horizons bouchés, sans surprise, routinière.

    Hyperesthésie et fatigue continueHyperesthésie et fatigue continue

    Pour ceux qui ne peuvent, pour des raisons évidentes, gérer leur vie en fonction de celle-ci, un calvaire peut se mettre en place.

    Celui d’une fatigue sans cesse alimentée par une surabondance d’informations et de stimulations en tout genre.

    Parmi les solutions que l’on peut envisager à ce problème (vérifier quand même en allant voir un médecin, s’il n’est pas médical), c’est :

    • Anticiper les moments où l’hyperesthésie sera mise à rude épreuve pour limiter leur temps
    • Faire des micro-siestes régulières dans la journée de quelques minutes, pour reposer les sens
    • S’isoler quelques instants en se bouchant les oreilles (yoga) ou encore en écoutant un morceau calme au casque pas trop fort et en fermant les yeux
    • Aller régulièrement se ressourcer dans des endroits calmes (nature)

    Crédit photo : creative common ©zigazou76

    http://www.surdouement.fr/hyperesthesie-et-fatigue-continue.html?utm_content=bufferd1901&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer


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  • Définition

    La phobie scolaire est une angoisse allant crescendo survenant dès que l’élève doit se rendre dans son établissement, jusqu’à phobie scolairel’impossibilité pour certains de quitter la maison.
    Elle peut s’exprimer avec des signes physiques réels plus ou moins marqués : douleurs abdominales, nausées, palpitations, sensation de malaise insupportable, crises bruyantes
    Derrière ces manifestations , on peut retrouver associés: harcèlement par d’autres élèves, difficultés scolaires, anxiété de performance, angoisse de séparation, problèmes dans la famille, psychopathologie.

     

     

     

     Phobie scolaire : la prendre en charge rapidement

    phobie scolaireSi les symptômes que représentent la phobie scolaire ou refus scolaire anxieux ne sont pas pris en compte rapidement, la situation de l’élève peut s’aggraver sévèrement et son avenir en pâtir : déscolarisation totale, isolement, désocialisation, dépression, refuge dans des addictions tel que les jeux vidéo .. suicide

    Une évaluation spécialisée par un thérapeute est indispensable pour permettre de choisir la meilleure prise en charge. Un travail d’équipe autour de l’élève et sa famille entre soignants et établissement scolaire permettra de prendre en charge ces élèves et d’éviter qu’ils ne se déscolarisent définitivement.

    Voir le site APS  association Phobie Scolaire

     

    Articles relatifs à la phobie scolaire


    Marie France Le Heuzey : la rentrée scolaire peut être une phobie

    phobie scoalireL’enfant, l’adolescent, en rupture scolaire constitue une réalité très présente comme le prouve l’augmentation des consultations de pédopsychiatrie à ce sujet et les nombreux appels au secours des parents. Ces derniers ne se sentent pas toujours assez écoutés par les enseignants, eux-mêmes souvent insuffisamment informés, sensibilisés au phénomène. Marie France Le Heuzey  nous offre son éclairage à travers nos questions.

    Lire la suite

     

    Elodie Muller  : il s’agit de comprendre une situation où les causes sont souvent difficiles à cerner

    phobie scolaire” On ne sait pas encore dans quel marathon on se lance. On ne sait pas qu’il va falloir affronter les psys, l’inspection académique, le cned, les copains qui ne comprennent pas forcément, les rendez-vous qui s’enchainent et surtout la souffrance de notre enfant. Il ne s’agit pas d’un cancer, certes. Mais il s’agit de comprendre une situation où les causes sont souvent difficiles à cerner. La phobie scolaire n’étant, en effet, qu’un symptôme d’un ou plusieurs autres troubles : Trop de stress ? Trop d’ennui à l’école ? Harcèlement ? Troubles de l’apprentissage ? Trouble de l’attention ? Angoisse de séparation ? Il est parfois difficile pour l’enfant lui-même de mettre un mot sur ce qu’il ressent. Parfois l’envie d’aller à l’école est là mais il est dans l’incapacité d’y aller. Evidemment, cela est encore moins compréhensible par l’entourage. En le raisonnant on peut réussir à aller jusque devant l’école. Mais la crise panique refait surface et il faut rentrer.Lire la suite

     http://www.afpssu.com/dossier/phobie-scolaire/


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  • Hypersensible ?

     

    Il semblerait que néophobie et hypensibilité soient liés, c’est le cas pour ma part mais il n’en est pas forcément de même pour tous les néophobes apparemment.

     

    J’ai pour ma part rencontré une orthophoniste, formée pour détecter et soigner une hypersensibilité (dysoralité sensorielle, sachez que c’est quelque chose d’assez nouveau et toutes les orthophonistes ne sont pas forcément formées pour cela), puis j’ai d’autre part rempli un test pour évaluer ma sensibilité (que malheureusement je ne peux publier sur le blog pour des raisons de droits). Ne pouvant vous retranscrire mot pour mot ni l’un ni l’autre de ces deux tests, je peux tout de même recenser les questions redondantes, les thèmes abordés dans les deux cas, les choses que l’on retrouve également dans les articles traitant d’hypersensibilité.

     

    On parle beaucoup de ce genre de problème pour les enfants handicapés, on les soulève moins dans d’autres cas. Si beaucoup de ces comportements peuvent faire penser à des réactions d’un enfant autiste par exemple, ce n’est pas sans raison car souvent ces enfants sont confrontés à ce genre de problèmes. Mais jusqu’alors, si ce genre de diagnostic est souvent donné à des enfants handicapés, on ne pense pas forcément à faire évaluer des enfants « normaux » qui présentent ce genre de trouble sans forcément présenter d’autres symptômes.

     

    Savoir reconnaître les signes d’une hypersensibilité

    L’hypersensibilité n’est pas seulement liée à la nourriture, d’autre signes peuvent aussi être décelés :

      • Sentir des odeurs que les autres personnes ne détectent pas
      • Être très gêné par des odeurs, parfois même jusqu’à en devenir nauséeux

    Être dérangé par les produits trop fortement parfumés (bougies…)

      • Accepter difficilement le brossage des dents
      • Ne pas aimer se salir les mains
      • Ne pas aimer se laver les mains

    Ne jamais marcher pieds nus

      • Être gêné par une trop forte luminosité

    Préférer les ambiances tamiséesÊtre très sensible aux températures (nourriture, eau pour le lavage des mains par exemple)Avoir du mal à mélanger les aliments, en particulier les textures (yaourts avec morceaux, sauces dans les plats…)Sursauter facilement quand il y a des bruits forts (aspirateur, claquement de portes…)Souvent demander à baisser le volume, écouter la musique/la télé avec un volume très bas

     

    Si ces phrases vous correspondent ou correspondent à votre enfant, alors votre problème n’est peut-être pas seulement de l’ordre d’un blocage alimentaire, il peut être dû à une hypersensibilité. Consulter un orthophoniste (encore une fois j’insiste, mais il est important de trouver un orthophoniste formé à ce sujet sinon cela pourra ne rien donner) pour faire un bilan de dysoralité pourrait alors être conseillé.

     

     

     

    Je tiens à rappeler que je n’ai aucune qualification médicale sur le sujet et tout ceci est basé sur ma propre expérience, de mon point de vue de ‘malade’ et n’a absolument aucune valeur professionnelle ni médicale. C’est pour cela que j’utilise beaucoup le conditionnel et ne propose que des pistes qui pourraient j’espère vous aider.

     

    Source image : TopSanté


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  • L’hypersélectivité alimentaire, quand on est petit c’est un caprice, et quand on est grand c’est psy.

     

    Syndrome de dysoralité sensorielle

     

    Voilà ce que m’a dit mon orthophoniste aujourd’hui. Selon elle, ce n’est pas psy, c’est physiologique. Une nouvelle piste toute neuve et très intéressante qui pourrait expliquer pas mal de choses…

    Et si ce n’était pas psychologique, finalement ?

    C’est une piste à laquelle j’avais pensé sans pourtant trouver les mots — ou les maux — à mettre dessus. Une très forte sensibilité aux odeurs, aux goûts, aux textures. Je suis capable de détecter le moindre grain de poivre alors que ma famille ne le sent même pas. Les américains parlent de super tasters. Des techniques obscures où il faut compter le nombre de papilles sur la langue permettraient même de déterminer si on est un super taster ou non. Un bref coup d’oeil à ma langue dans le miroir a suffi pour me dissuader de me lancer le comptage de mes papilles gustatives. Ne sachant pas du tout vers qui me tourner pour savoir si oui ou non j’avais une sensibilité gustative surdéveloppée, j’avais donc mis cette hypothèse de côté.

    Puis il y a quelques semaines, une maman du groupe francophone, Alexandra, nous a parlé du syndrome de dysoralité sensorielle.

    La dysoralité est une hypersensibilité sensorielle, surtout au niveau du goût et des odeurs. Les américains parlent de SPD, Sensory Processing Disorder (qui en français donnerait trouble d’intégration sensorielle (TIS) ou dysfonctionnement sensoriel). J’avais déjà vu plusieurs mamans des forums anglophones le mentionner. Aux Etats-Unis, ils ont plein de maladies avec des sigles du genre, je n’en connais pas la moitié et les mélange souvent. Je n’avais donc jamais cherché plus que ça ce qu’était le SPD. C’est Marie (l’expat aux Etats-Unis dont je vous parlais dans mon précédent article) qui a fait le lien entre la dysoralité et le SPD. Même si quasi personne ne connaît ni n’a entendu parler de ça en France, ce diagnostic a l’air assez commun aux Etats-Unis.

     La dysoralité sensorielle (SDS) est une hyper réactivité génétique des organes du goût et de l’odorat touchant 25% des enfants à développement normal et entre 50 à 80% des enfants ou adultes avec un polyhandicap. Cette dysoralité d’origine sensorielle est très polymorphe et la réaction de l’enfant ou du jeune adulte peut aller d’un simple dégout pour un certain type d’aliment jusqu’à un état d’aversion alimentaire sévère pouvant faire croire à une anorexie. Jusqu’à présent il était admis que ces troubles du comportement alimentaire étaient d’origine psychologique et plus précisément reliés à une relation mère/enfant pathologique.

    Le SDS concerne 20% de la population en France, m’a dit l’orthophoniste. Bien sûr il y a différents niveaux et chacun le gère à sa manière.

    Une sensorialité normale est facteur d’appétit.
    Une sensorialité exacerbée va avoir l’effet inverse

    Pour en revenir à Alexandra, son fils devait faire un bilan orthophonique pour un problème de prononciation, et on lui a diagnostiqué un SDS. Elle a eu de la chance, l’orthophoniste qui a fait le bilan à son fils venait juste d’être formée pour soigner le SDS. C’est quelque chose de très nouveau en France, et assez peu de personnes sont formées pour le diagnostiquer et le traiter.

    43cd03f122La plupart des publications concernant la dysoralité proviennent de ou citent Catherine Senez, une orthophoniste marseillaise. Je me suis beaucoup retrouvée dans ce que j’ai pu lire sur internet à propos de la dysoralité sensorielle. J’ai donc contacté cette dame pour lui demander si elle pouvait me recommander quelqu’un à Paris.

    Comme souvent malheureusement dans notre situation, l’autodiagnostic prime sur l’avis des médecins. J’avais besoin d’une ordonnance pour le bilan et suivi orthophonique, je suis donc allée voir un médecin que je n’avais encore jamais vu (je viens de déménager et n’ai donc pas encore de médecin traitant), et ai dû lui expliquer mon problème. Elle a commencé à me parler de toutes les maladies digestives qui peuvent exister. Selon elle le problème proviendrait de mon corps qui refuse de manger des légumes et de la viande car il ne les digère pas correctement… J’ai dû insister pour avoir mon ordonnance, elle m’a dit que cela ne servirait à rien et que si je voulais voir une orthophoniste je n’avais pas besoin de traverser tout Paris, qu’il y en avait des tas dans le quartier.

    Finalement, je ne regrette absolument pas d’avoir écouté mon instinct et d’être allée faire ce bilan. Elle m’a posé beaucoup de questions, sur mes habitudes alimentaires, mais pas que. Sur le brossage des dents aussi par exemple, ou la position de ma langue dans ma bouche. Elle a aussi vérifié mes capacités de mastication, qui s’avèrent plutôt bonnes malgré ce que je mange, tant mieux ! Tout au long de ce bilan, j’ai vraiment eu l’impression d’être comprise. Elle connaissait souvent déjà la réponse que j’allais donner, et ses questions étaient orientées vraiment de façon à ce qu’elle vérifie quelque chose, et non pas de façon à ce qu’elle réussisse à comprendre ma situation. C’est ce qui fait toute la différence et donne vraiment le sentiment d’être compris.

    Un cas d’école. Voilà comment elle m’a qualifiée. J’ai réussi le bilan haut la main, il semblerait que j’ai un Syndrome de Dysoralité Sensorielle assez sévère.

    Les symptômes

    Un réflexe hyper nauséeux (des hauts le cœur tout le temps et pour tout), un odorat surdéveloppé, des difficultés même pour le brossage des dents, une alimentation très sélective composée d’aliments qui ne se mâchent pas ou très peu.

    1300440111-19566Les symptômes tels que manque d’appétit, refus des nouveautés, sélectivité alimentaires, nausées, vomissements et problèmes de comportements aux repas, débutent dès la 1ère année de vie, majoritairement à la période où les mères commencent à diversifier l’alimentation. Certains facteurs associés vont aggraver les troubles de l’alimentation tels que des facteurs organiques ou psychosociaux comme les allergies, les intolérances alimentaires, le Reflux Gastro Oesophagien (RGO), la constipation ou les problèmes relationnels. Ces facteurs vont influer sur l’appétit de l’enfant mais n’en sont pas la cause première pour Mme Senez.

    Le traitement

    Des massages dans la bouche. Chez les enfants, ce sont les parents qui les font, comme je suis grande je me les ferai moi-même. Sept fois par jour au minimum, pendant au moins sept mois. Le massage en lui-même consiste à se frotter énergiquement les gencives, le palais, la langue (comme si l’on gommait quelque chose), et dure seulement quelques secondes.

    Les résultats peuvent être très rapides et spectaculaires, comme cela peut être assez insignifiant. Les consultations sont remboursées par la sécu/mutuelle, et les massages et consultations sont indolores, sans prise de médicaments, et même sans souffrance psychologique (comme j’avais pu avoir par exemple avec la psy comportementaliste où chaque séance était très éprouvante). Je me dis que je n’ai vraiment rien à perdre à essayer, et peut-être tellement à gagner…

    Je n’ai pas pensé à lui demander plus de détails sur les aspects techniques du massage, comment ça fonctionne, sur quoi cela agit et quels sont les effets physiologiques d’une telle pratique. Catherine Senez parle d’un processus d’habituation, j’ai aussi lu le terme désensibilisation.

    Au début les massages ont peu d’amplitude et ce n’est que progressivement, en surveillant bien les réactions de l’enfant, que semaine après semaine, l’amplitude sera augmentée. Cette méthode, basée sur la répétition (7 à 8 fois par jour) en veillant à ne pas dépasser le seuil de tolérance de l’enfant c’est-à-dire à ne pas déclencher un réflexe nauséeux en faisant les massages, conduit à une habituation et donc une désensibilisation du nerf sensitif en question. Elle entraîne une diminution de la réactivité défensive aux touchers buccaux. Après la désensibilisation, les enfants ou adultes élargissent leurs choix alimentaires, mangent plus facilement, plus vite et avec plaisir. Si l’enfant est hypersensible au niveau tactile, il ne se laissera pas aborder pour une désensibilisation dans la bouche. Il faudra alors faire une désensibilisation faciale « le tour de la maison » avant de pouvoir aborder la bouche.

     

    Qui l’eût cru ? De toutes les professions de santé, j’aurais pensé aux médecins pour trouver un éventuel problème physiologique (déglutition, digestion..), aux psy — classiques ou comportementalistes — pour l’anxiété, le blocage (supposé psychologique) que l’on fait face à la nourriture, et éventuellement à une diététicienne ou une nutritionniste pour m’aider à équilibrer au mieux mon alimentation en fonction de ce que je peux manger, mais jamais il ne me serait venu à l’idée d’aller chez une orthophoniste..

    Tout ça, c’est grâce à Alexandra, qui a rejoint le groupe il y a quelques semaines. Je la remercie vraiment, encore une fois, d’avoir partagé son expérience avec nous. Faire face à des médecins qui ne connaissent pas notre trouble et qui ne prennent la mesure de son amplitude n’est pas toujours facile mais on se rend compte, grâce aux groupes de soutien, qu’il existe quand même des solutions et cela redonne de l’espoir !

    Source des citations :
    Catherine Senez – Le syndrome de dysoralité sensorielle
    Synthèse sur les troubles de l’oralité chez les enfants

    Source image : GEM


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