• LES TROUBLES NEURO-DEVELOPPEMENTAUX

     

     

    Vous trouverez ici les éléments de réponse qui vous permettront de comprendre ce que sont les troubles neuro-développementaux, leur diversité, leur impact, leur prévalence chez l’enfant intellectuellement précoce.

    Si vous suspectez chez votre enfant ou votre élève un ou plusieurs de ces troubles, nous ne pouvons que vous encourager à lire nos pages.

    Si vous reconnaissez plusieurs signes, rapprochez-vous de nos associations amies spécialisées. Ces explications et pistes sont issues de leurs sites respectifs. 

     


     DYS mais aussi...

    Troubles neuro-développementaux selon le DMS V

     

     

     

    Trop souvent, on a tendance à réduire le terme "troubles" aux seuls troubles dys.

    De même, dans le langage courant, le terme dys englobe un ensemble de troubles trop fréquemment assimilés à tord aux troubles spécifiques des apprentissagesOr ces troubles ne sont pas toujours en relation avec des difficultés scolaires. . 

    En fait, les troubles dys sont inclus dans l'ensemble des troubles neuro-développementaux définis par le DMS V. 

     

    Troubles & difficultés scolaires

    Il convient de rester prudent et de ne pas attribuer les difficultés scolaires aux seuls troubles neuro-développementaux.

    La présence concomitante de plusieurs DYS par exemple ne saurait être la seule cause de difficultés à l’école.  

    « Il est indispensable d’établir un diagnostic qui relie les difficultés scolaires à un dysfonctionnement cognitif par le biais d'un examen neuro-psychologique complet. »

    Docteur Alain POUHET

    Toutefois, parents et enseignants doivent se montrer vigilants et être alertés par tout signe, que cela s’exprime à l’écrit dans toutes les matières, en lecture et orthographe, en calcul, pour la concentration ou bien pour le repérage dans l’espace, pour une mémorisation jugée fragile ou encore parce que l’enfant s’agite de façon excessive, parce que l’effort en classe lui demande beaucoup d’énergie, parce qu’il est lent, qu’il existe un déséquilibre entre la compréhension orale et écrite… 

    Quelques extraits d'articles de spécialistes: Cliquez ICI

     

     

    DYS & Cie

    Pris individuellement, les différents troubles des apprentissages ou troubles « instrumentaux », sont aujourd’hui mieux connus et donc plus finement diagnostiqués. Les prises en charge sont elles aussi de plus en plus efficientes.

    Les associations, qu’elles s’intéressent aux dyslexies, dyspraxies, dysorthographies, … connaissent bien les particularités et les caractéristiques de chaque troubles neuro-développementaux.  Elles accompagnent les familles et renforcent les réseaux de professionnels, participent aux recherches.

    Nous partageons ici quelques vidéos explicatives des troubles neuro-développementaux les plus connus.

    Cliquez sur chaque vignette pour visionner les films

    Source: http://www.adrienhonnons.com

    avec le soutien de la revue ANAE

     

    réalisation de Adrien Honnons

     Source: 

    http://www.dyspraxieetcie.com

    Vidéo d'explication de la dyslexie 

    Vidéo d'explication de la dyspraxie

    Tom et sa dyspraxie

     

     

     

     

    Source: http://www.drlouisvera.com

    Film Dysphasie ANAE Film TDAH ANAE Film mon eleve TDAH

    Vidéo d'explication de la dysphasie

    Vidéo d'explication du TDAH

     Vidéo "Mon élève a-t-il un TDAH?

     

    Vous trouverez ci-dessous, un inventaire des principaux troubles neuro-développementaux, incluant la famille des dys.

    Si l'on remarque le plus souvent un de ces troubles, il est important de noter qu'il est en fait rarement isolé.

    Dans la très grande majorité des cas, un trouble neuro-développemental majeur visible, peut s'associer ou coexister avec un ou plusieurs autres troubles de la "constellation DYS". 


     

    etoilerose LA FAMILLE DYS

    Source: Idées ASH http://idees-ash.blogspot.frTroubles DYS

    Pour accéder à la carte dynamique, cliquez ICI   

     

    Un peu d’étymologie sur les troubles DYS…

    Egalement appelé « le club des DYS », cette famille se caractérise par le diagnostic d'un trouble instrumental:

    "Il s’agit d’enfants à l’intelligence normale mais auxquels il manque un outil, un « instrument » pour être totalement efficace. On parle de l’atteinte d’une fonction spécifique, d’un trouble spécifique, c'est-à-dire isolé de l’ensemble du fonctionnement intellectuel.

    Jeanne Siaud Facchin dans extrait de "Mais qu’est ce qui l’empêche de réussir ?"

    Source: www.hoptoys.fr

    aff visuel DYS HopToys

     

    DYS, en grec, veut dire « difficulté ».

    DYS en médecine, indique la difficulté d’acquisition d’une fonction, contrairement au préfixe "a" qui signifie ne plus être en capacité de.

     

    IMPORTANT : Celui-ci ne peut être posé qu’en l’absence de déficit intellectuel, de déficit sensoriel important, d’affection neurologique et de trouble résultant de désordre psychologique, psycho-dynamique ou psychiatrique, et en cas de fréquentation scolaire normale.  

    Mais attention, « un enfant n’est pas un diagnostic !... il n’est pas DYS mais souffre de tel ou tel trouble »

    Jeanne SIAUD FACCHIN

     

     

      "Critères de "DYS" et conséquences" du Docteur Alain POUHET 

     Source: http://www.inpes.sante.fr

    Source: http://www.ffdys.com

     Source: http://www.cnsa.fr

     Pour voir le film, cliquez sur la vidéo

    Guide "Troubles DYS de l'enfant" G Dys sur Dys

    Pour télécharger le guide 

    Pour télécharger les 10 questions 

    Pour télécharger le dossier technique

    Source: http://www.fondationhandicap-malakoffmederic.org

     etoileroseDYSlexieS

    On parle de dyslexie au singulier, mais on en distingue plusieurs types.

    Le terme générique de dyslexie désigne un trouble spécifique durable de l’acquisition et de l'automatisation de la lecture.

    Chez le jeune dyslexique, le trouble se manifeste le plus généralement par une altération spécifique, durable et significative de la lecture.

    La maîtrise du stade dit alphabétique de l’apprentissage de la lecture lui demande beaucoup d’efforts. Concrètement, le dyslexique est un mauvais lecteur, voire un non-lecteur.

    La lecture hésitante est lente, ponctuée d’erreurs. L'enfant peut confondre des sons et/ou être incapable de mémoriser la forme visuelle des mots et donc de les reconnaître globalement. Ainsi il éprouve de grandes difficultés de compréhension et réalise des productions écrites inférieures à celles attendues pour un élève de son âge, ce malgré les efforts considérables qu’il fournit. 

    Pour en savoir + 

     

    Source: BD extraite du document révisé en mai 2013 par Dr N.MILLIEZ, M.LAURIER et L.BOSSY, service 502 du Dr Revol, centre référence des troubles des apprentissages, Hôpital Neurologique, Lyon. 

    http://icp.ge.ch/

    BD Dyslexie

     

    etoileroseDYSpraxieSAff Visuel Dyspraxie HopToys

    La dyspraxie est le trouble neurologique du « comment faire ». Ce trouble de la conception de la programmation, de la réalisation des gestes, touche le développement moteur et/ou des fonctions visuo-spatiales. Elle affecte la planification et la programmation des gestes complexes comme écrire, à la main, nouer ses lacets, couper sa viande, se servir un verre d'eau, manipuler les objets et outils. C'est un trouble de la coordination qui est fréquemment rencontré chez les enfants nés prématurémen ou avec un faible poids de naissance.

     Il existe plusieurs types de dyspraxies. La plus répandue est la dyspraxie visuo-spatiale, lorsque l’organisation du regard et de la structure spatiale, les traitements spatiaux, sont perturbés. Les actions de l'enfant sont peu harmonieuses, lentes, imprécises et désorganisées, malgré un effort conscient. Même les taches praxiques courantes ne sont pas automatisées. L’enfant dyspraxique montre de fait une maladresse « pathologique », souvent une dysgraphie. L'attention portée sur les gestes non ou mal automatisés empêche de mener deux actions simultanément. Ainsi, écrire à la main et en même temps écouter en classe place l'élève dyspraxique dans une situation de double tâche qui lui est difficle. Il a aussi du mal à s’orienter, se repérer dans l’espace et le temps. Il est en revanche généralment bien plus performant à l’oral. 

    Trouble cognitif spécifique et non trouble moteur, la dyspraxie est un handicap invisible au premier abord qui est donc trop peu dépisté

    Pour en savoir + 

    Source DFD: http://www.dyspraxies.fr

    La DYSpraxie en bande dessinée

     Pour télécharger le visuel

     

    etoileroseDYSorthographieS

    La dysorthographie est un trouble de l'acquisition et de l'automatisation de l'orthographe. Il en existe de plusieurs types.

    Souvent, une dysorthographie est associée à une dyslexie. L’orthographe, qui normalement se développe au fur et à mesure de la reconnaissance globale des mots, ne s’automatise pas chez l'enfant dysorthographique. Elle est très rarement isolée.

     

    Pour en savoir +

     

    etoileroseDYSgraphieS

     La dysgraphie est une un trouble de l'acquisition et de l'automatisation du geste graphique. Elle a des retentissements sur l'aspect de l'écriture (forme des lettres, liaisons, tracé, mise en page, vitesse...).

    L’enfant dysgraphique est lent et se fatigue rapidement car il focalise son énergie et son attention sur la tâche écrite. Il n’a plus  les ressources pour se concentrer sur d’autres tâches cognitives comme l’écoute attentive, la compréhension, le sens de ce qu’il écrit…

    L’écriture qui monopolise toute son attention lui demande par conséquent un effort cognitif plus important pour une production écrite par conséquent souvent médiocre, un rendu de mauvaise qualité. Ceci altère considérablement sa confiance en lui. L’outil informatique et l’évaluation orale peuvent être proposés pour compenser le handicap.   

    La dysgraphie est rarement isolée et très fréquemment rencontrée chez l’enfant à haut potentiel et/ou dyspraxique. 

     

    etoileroseDYScalculieS

    La dyscalculie est un trouble de l'acquisition des compétences numériques et des habiletés mathématiques qui s’inscrit dans la durée. Il en existe plusieurs types. Le trouble résiste tant à la multiplicité des tentatives pédagogiques qu’à la diversité des méthodes proposées à l’élève. Ni le manque de motivation, ni le manque de motivation, ni le manque de travail ne peuvent expliquer les répercutions de ce trouble sur les apprentissages ;.

    Dans l'ensemble, l’enfant dyscalculique a une mauvaise compréhension du nombre qu’il utilise laborieusement. 

    Ces altérations affectent à la fois les aspects procéduraux et conceptuels. Il a du mal à dénombrer, mémoriser et apprendre ses tables d’addition et de multiplication, établir un lien entre le symbole et la quantité, comparer deux valeurs, évaluer de petites quantités, maîtriser le système numérique, poser des opérations, utiliser les retenues, etc 

    La dyscalculie est à l’origine de difficultés scolaires et de perte de l’estime de soi.

    Pour en savoir +   

     

    etoileroseDYSphasieS

    La dysphasie est un trouble cognitif spécifique structurel de l'apprentissage et du développement du langage oral. En réalité, il existe plusieurs types de dysphasies. Qu'elles soient expressives (les plus fréquentes), réceptives, ou mixtes, (plus rares), toutes les dysphasies touchent l’acquisition naturelle du langage oral à des degrés divers (phonologique, lexical, syntaxique, décodage du langage reçu,…).

    La parole, chez l’enfant dysphasique, ne s’automatise jamais et nécessite toujours un contrôle volontaire. Il peut avoir des difficultés d’élocution, de compréhension et/ou de mémorisation.

    Ce déficit des performances verbales est permanent, durable, mais il peut être réadapté par des entraînements et des rééducations.

    Pour en savoir +   

     

    etoileroseDYSgnosieS

    Une dysgnosie est un trouble cognitif spécifique. C’est une pathologie moins fréquente que d'autres dys. 

    Peu recherchée, elle affecte la reconnaissance des informations qui arrivent au cerveau par l’intermédiaire des organes des sens.   

    Un bilan détaillé permettra au spécialiste de déterminer le type précis de dysgnosie. On pourra ainsi affiner le diagnostic par un bilan neuro-ophtalmologique, PEV et imagerie. Des troubles oculomoteurs associés peuvent être détectés. L’ensemble des tâches visuelles est échoué lors du bilan psychométrique..

     

    etoilejauneTDA avec ou sans Hyperactivité 

    Source: http://www.plongezennostroubles.com

     

    Ce trouble de nature neuro-développementale qui engendre des comportements pouvant être perçus comme de l’indiscipline, de la rébellion face à l’autorité, de l’insolence, parfois même de l’agressivité, porte en réalité sur les fonctions attentionnelles et exécutives.

     

    Tous les enfants dits "hyperactifs" ne se ressemblent pas !

     

    Source: http://www.familletdah.com

     AFF TDAH QUOI

    Présents depuis la petite enfance et de manière permanente, sans évolution malgré des mesures éducatives adaptées, un ou plusieurs symptômes comme l’inattention, l’agitation et/ou l’impulsivité, peuvent en effet s’associer, définissant ainsi 3 formes cliniques.

    Il semblerait que la forme mixte soit la plus complexe et la plus fréquente. On distingue aussi une forme avec une inattention prédominante, ainsi qu’une forme avec agitation et impulsivité prédominantes. 

    Les troubles impactent considérablement la vie sociale, scolaire, familiale de l’enfant car ils entraînent d’importantes difficultés dans le contrôle de soi (idées, gestes, comportement général).

    "... Notre rôle de médecins doit évoluer lui aussi. Il nous faut aider l'hyperactif, enfant ou adulte, à trouver le bon rythme dans la société.... Ces distraits, tête en l'air et "oublie-tout" qui souffrent, souvent avec le sourire d'être mis hors course. Des disqualifiés qu'il faut remettre en selle dans un monde à la bougeotte"

    Dr Olivier REVOL , Extrait de"On se calme! enfants agités, parents débordés"

     

    Ils altèrent le fonctionnement cognitif rendant presque toujours la scolarité difficile. Le plus souvent incompris, l’enfant TDAH souffre en silence et a une très mauvaise estime de lui-même. Il est donc primordial de mettre des limites très claires et cohérentes, de l’encourager en reconnaissant et en valorisant ses efforts. Les remarques dévalorisantes et injustes ne feront qu’accroître le mal-être et les manifestations du  trouble.  

    Si le déficit d’attention peut rester un moment inaperçu, en revanche l’agitation, l’impulsivité donnent souvent lieu à consultation. Il ne faut toutefois pas faussement s’alarmer et confondre ce trouble avec les manifestations de troubles anxieux, avec les conséquences d’un manque de sommeil, un trouble oppositionnel avec provocation

    Un enfant agité, inattentif n’a pas forcément un TDA/H. Seul le spécialiste pourra poser le diagnostic.

     

    Pour en savoir + 

     Source DFD: http://www.dyspraxies.fr

    BD TDAH DFD

     Explications, cliquez ICI

     

    etoilebleuTroubles du spectre autistique

    Pour voir la vidéo, cliquer ICI

    Vidéo d'explication de l'autisme

     

    Source: www.hoptoys.fr

    Autisme      Asperger 


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  • Trouble d’opposition / provocation

     

    Auteur: Benoît Hammarrenger, Ph.D.

     

    Lutte de pouvoir, ou avoir raison à tout prix

    Le trouble d’opposition / provocation est caractérisé par une désobéissance quasi-généralisée. Face à une consigne qui lui déplaît, l’enfant peut alors montrer soit de l’opposition passive (semble acquiescer à la demande, mais omet volontairement d’y donner suite), soit de l’opposition active (l’enfant crie, frappe, lance les objets, ou confronte et défie par un “non” en regardant dans les yeux), soit de l’opposition dite passive-agressive (l’enfant semble se conformer à la demande de l’adulte, mais il blesse autrui ou brise “accidentellement” quelque chose en cours d’action).

    Face à ces enfants, les parents diront qu’ils se sentent constamment en situation de lutte de pouvoir. L’enfant refuse de se plier aux consignes, puis refuse de se plier aux conséquences et aux punitions imposées par les parents. Dans certains cas, les parents ont même l’impression que l’enfant a pris le dessus dans la maison et que dans le fond, c’est lui qui décide maintenant. Dans les cas plus graves, l’enfant, en plus de refuser de se plier à l’autorité, cherche à provoquer l’adulte. Ces enfants savent ce qui fait fâcher leurs parents, et ils l’exploitent! Ils savent aussi mettre le parent dans l’embarras en faisant des crises en public. C’est d’ailleurs souvent de cette façon, par les crises, qu’ils finissent par obtenir ce qu’ils veulent et qu’ils finissent par avoir régulièrement le dessus sur l’autorité parentale. Il s’agit alors d’un problème sérieux, face auquel il est impératif d’intervenir rapidement. Sans intervention, le trouble oppositionnel avec provocation peut évoluer en trouble des conduites, qui s’apparente davantage à de la délinquance (opposition aux règles de société, comportements qui violent les droits des autres, délits, agressivité physique, etc).

    Au diagnostic du trouble oppositionnel avec provocation, le DSM-5 parle d’humeur irritable/colérique, de comportements d’argumentation défiant l’autorité et/ou de comportements vindicatifs.

    L’opposition, ça sert à quelque chose!

    Il faut d’abord savoir que l’opposition est une phase normale, saine et même souhaitable dans le développement d’un enfant. Vers l’âge de deux ans, l’enfant comprend qu’il a un certain contrôle sur son environnement, mais surtout sur les gens autour de lui. Il comprend qu’il peut dire non à une demande qui lui est formulée, ce qu’il n’avait jamais réalisé auparavant. Il constate même parfois qu’il obtient plus d’attention lorsqu’il s’oppose à une demande que lorsqu’il s’y conforme! L’opposition de l’enfant a alors comme fonction première de lui permettre d’affirmer son individualité. L’enfant affronte ses parents pour la première fois en leur passant le message qu’il peut avoir des envies distinctes de ce qu’ils exigent de lui, et qu’en tant qu’individu, il peut faire valoir ses envies à lui. C’est la “phase du non” qui commence, ou ce que les parents appellent le “terrible two”.

    Cette phase doit cependant s’estomper et l’enfant doit revenir en harmonie avec ses parents. Cette harmonisation doit se faire par une approche des deux côtés. Les parents doivent reconnaître l’individualité de leur enfant en le laissant faire des choses par lui-même lorsqu’il le demande, en le laissant faire des choix et prendre des décisions, et en valorisant l’autonomie de l’enfant. L’enfant quant à lui doit réaliser que ses parents lui imposent un cadre qui doit être maintenu, et ce, pour sa propre sécurité. L’enfant doit alors avoir une grande confiance en ses parents, souvent même une confiance aveugle. Même s’il ne comprend pas pourquoi on lui impose un règlement, il doit avoir confiance que ses parents le lui imposent pour son bien. Lorsqu’il se fait discipliner, l’enfant doit avoir suffisamment confiance en ses parents pour croire qu’ils l’aiment toujours autant, et qu’ils se montrent sévères justement parce qu’ils se soucient de son bien-être.

    Dans l’enfance, un trouble d’opposition / provocation apparaît habituellement pour l’une des raisons suivantes:

    • L’enfant n’est pas reconnu par ses parents dans ses besoins, dans son individualité et dans sa recherche d’autonomie.
    • L’enfant et ses parents n’ont pas réussi à établir un lien de confiance mutuelle.
    • L’enfant a appris que l’opposition est payante (exemple: il reçoit davantage d’attention lorsqu’il s’oppose que lorsqu’il se conforme, ou encore il sait que s’il s’oppose il a des chances d’avoir gain de cause).
    • Il y aurait aussi une composante génétique qui prédisposerait certains enfants à adopter des comportements d’opposition.

    Notons qu’une seconde phase d’opposition normale et souhaitable apparaît à l’adolescence. L’opposition remplit de nouveau la même fonction, soit d’affirmer l’autonomie et l’individualité. L’adolescent commence à avoir des opinions distinctes de celles de ses parents, et ne veut pas toujours suivre le chemin qu’ils ont tracé pour lui. L’adolescent veut aussi se montrer capable de faire les choses par lui-même de façon autonome. Cette opposition est d’une importance capitale afin d’amener l’adolescent à devenir un adulte autonome.

    Le rôle essentiel du neuropsychologue

    Avant de diriger les interventions, il faut toujours s’assurer qu’on a le bon diagnostic, et il faut connaître les causes sous-jacentes à ce diagnostic. Le neuropsychologue, par ses outils d’évaluation, permet d’établir un profil complet de l’enfant pour le comprendre sous toutes ses facettes. Le neuropsychologue pourra ainsi déterminer si le trouble d’opposition s’inscrit dans un syndrome à origine neurologique comme le TDAH ou le syndrome de Gilles-de-la-Tourette par exemple. On comprendra facilement que l’intervention qui suivra ne sera pas la même si les comportements d’opposition sont attribuables à l’impulsivité de l’enfant hyperactif, à l’attirance de l’interdit de l’enfant Tourette, à un besoin émotif et affectif accru de l’enfant, ou à des failles dans le mode d’intervention parental. Un bon diagnostic en neuropsychologie permet donc de bien diriger les interventions.

    Le cycle de l’opposition

    Le neuropsychologue américain Russell Barkley a établi un modèle qui détaille remarquablement bien le cycle de l’opposition chez l’enfant. Nous avons repris ce modèle et l’avons adapté pour le présenter dans la figure à la page suivante. On y voit le rôle de l’argumentation dans l’opposition. Ainsi:

    1) Initialement les parents formulent une demande à l’enfant, ou lui refusent quelque chose qu’il désire. À cela l’enfant s’oppose et commence à argumenter. En réponse aux arguments de l’enfant, les parents expliquent, réexpliquent, reformulent et réexpliquent de nouveau leur décision. C’est le début de l’argumentation. Puis les parents entrent dans les arguments de l’enfant et souvent on dévie à ce moment dans une argumentation irrationnelle, parce que l’enfant utilise des arguments irrationnels. Par exemple:

    Enfant: “Tous mes amis ont ce jouet et pas moi”
    Parent: “Bien c’est ça, tu peux aller vivre chez un de tes amis si tu veux!”

    Dans cet exemple, l’argument de l’enfant est manifestement invraisemblable, mais les parents y répondent tout de même par un argument tout aussi invraisemblable puisque jamais ils ne laisseraient leur enfant aller vivre ailleurs! Cette argumentation ne mène donc à rien en terme de résolution de la situation.

    Barkley, 1981

    2) Après un certain nombre de répétitions de la consigne, avec argumentation, les parents passent à la deuxième étape: La menace. On menace alors l’enfant d’une punition ou de la perte d’un privilège. Habituellement l’argumentation continue, mais subit alors un changement de direction. L’enfant n’argumente plus sur la consigne de départ, mais argumente maintenant sur la menace de punition.

    3) Au cours de ce cycle, la tension monte de part et d’autre. Cela nous amène à la troisième étape où le parent prend une décision punitive envers l’enfant. Le parent étant en colère, il impose une grande punition à l’enfant, que souvent il n’arrivera pas à tenir une fois que la tension redescendra. Dans ce cas l’enfant apprend qu’en fait les punitions ne tiennent pas. Mais au moment de la punition en question, alors que la tension est forte, l’enfant risque d’exploser et de faire une crise (agression), ce qui envenime encore davantage la situation.

    Il y a deux choses à retenir dans le cas d’enfants qui présentent de l’opposition. La première est celle-ci (on verra la seconde plus loin) : L’argumentation est le carburant qui maintient en vie le cycle de l’opposition. Coupez l’argumentation, vous couperez l’opposition. Lorsque le cycle commence, dès votre demande initiale on comptera jusqu’à 3 pour que l’enfant se conforme. Si ce n’est pas fait à trois, on coupe les ponts. On isole l’enfant et on cesse complètement d’interagir avec lui pendant quelques minutes. Un enfant ne peut s’opposer seul sur une île déserte! L’opposition n’existe que s’il y a quelqu’un pour relancer l’enfant. En coupant l’interaction et l’argumentation, on coupe le carburant au moteur de l’opposition.

    Le rôle de la fratrie : Comme dans un bon vieux Western Hollywoodien

    Depuis que le cinéma existe, une trame de fond semble commune au succès de la production. Cette trame existe depuis les bons vieux Westerns Hollywoodiens, et se retrouve encore aujourd’hui dans les films de science fiction et les drames policiers. À tous ces films, il existe nécessairement deux personnages principaux: Le Héros-gentil, et le Super-vilain méchant. Ces deux personnages suscitent de fortes émotions chez le spectateur, et sont le plus souvent polarisés aux extrêmes dans leurs caractéristiques personnelles. Le héros est beau, fort, courageux, altruiste et gagnant à la fin du film. Le méchant est souvent moins beau, hypocrite, lâche, égocentrique et perdant à la fin du film. On aime le héros, on déteste le vilain. Mais le plus important, c’est que l’un n’existe pas sans l’autre. Le héros ne sert à rien s’il n’y a pas de vilain, et le vilain ne nous ferait pas tant réagir si nous n’avions pas d’abord prit la part du héros. Qui plus est, il ne peut y avoir deux héros, ni deux super-vilains. Lorsqu’un rôle est pris, le prochain acteur devra auditionner pour l’autre rôle.

    Mais quel lien avec le trouble de l’opposition chez l’enfant? Eh bien cette trame hollywoodienne à succès se reproduit aussi au sein de votre famille, dans la fratrie. Lorsqu’un enfant présente naturellement un comportement sage et obéissant, et que la réussite scolaire lui est aisée, cela le place naturellement dans la position du héros à la maison. On le félicite pour ses succès, on souligne ses bons comportements, on le serre dans nos bras en s’exclamant à quel point on est fier de lui et on le récompense par des privilèges. L’autre enfant de la fratrie qui présente une personnalité plus téméraire, qui oublie les consignes plus souvent et pour qui la réussite scolaire est moins automatique regarde le héros (son frère ou sa sœur) et constate qu’il ne pourra jamais atteindre ce standard. Il ne lui sert à rien d’auditionner pour le rôle de héros dans la famille, celui-ci étant déjà pris par un autre qu’il se sait bien incapable de déloger. Ainsi, pour avoir une place aussi importante dans sa famille, il ne lui reste plus qu’à se diriger vers le rôle de vilain. Celui qui devient tout le contraire de l’autre. Désobéissant, excité et désagréable. Si l’enfant constate qu’il ne peut obtenir l’amour de ses parents par la réussite, il obtiendra au moins leur attention par l’échec. Il est bien plus valorisant d’obtenir une réaction forte des parents parce qu’on a mal fait quelque chose, que d’obtenir une réaction tiède parce qu’on a bien fait, mais pas autant que le héros dans la famille. Dans un film, celui qui fait bien, mais pas autant que le héros, c’est un figurant, ou tout au mieux, un second rôle. Aucun enfant ne veut être un second rôle, le rôle du méchant devient donc l’alternative pour obtenir un rôle principal. Tout ceci se passe bien inconsciemment et même insidieusement et sur plusieurs mois ou années. Mais graduellement les rôles se campent, se polarisent et chaque enfant agit en concordance avec son personnage.

    Ainsi, en tant que parent, il est facile d’avoir en tête cette métaphore pour renverser la vapeur. Il s’agit de se demander, comment peut-on donner un premier rôle positif à l’enfant opposant? La réponse dépend de chaque enfant. Il faut voir dans quoi cet enfant est fort. On pourra par exemple exagérer nos félicitations et l’attention qu’on porte à l’enfant opposant dans le sport, s’il y excelle davantage que l’enfant-héros. On pourra porter nos félicitations et nos récompenses sur les efforts fournis dans les études plutôt que sur le résultat au bulletin. Parfois une consultation avec un spécialiste (psychologue ou neuropsychologue) peut permettre d’établir ce plan d’action permettant de revaloriser positivement l’enfant opposant, et ainsi le sortir de son rôle de vilain.

    Au fond, tout revient à un besoin d’être aimé !

    Nous disions plus haut qu’il y a deux choses à retenir dans les cas d’opposition. La seconde (et peut-être la plus importante) est la suivante: Aimez votre enfant, aimez-le encore, et consacrez-lui du temps de qualité. C’est le besoin le plus important pour un enfant. Une étude auprès de bébés singes a démontré qu’il leur était plus important d’être près de leur mère que de se nourrir. Face à un choix forcé, ceux-ci préféraient se priver de nourriture que de se priver de leur mère. Au fond nous ne sommes que des primates évolués et cela illustre à quel point chez nos enfants aussi, le besoin de l’amour parental est prédominant.

    Pour le lecteur qui n’a pas vécu avec un enfant opposant, aimer son enfant semble une évidence. Pour le parent qui vit au quotidien l’opposition et la provocation d’un enfant, l’amour qu’on pensait inconditionnel semble parfois ébranlé. Et débute ainsi un cycle où on cherche à éviter l’enfant parce qu’on anticipe un contact désagréable. Plus on cherche à l’éviter, plus l’enfant lui, aura besoin de se rassurer du fait que ses parents sont toujours là pour lui. Ainsi, il adoptera encore plus de comportements opposants et provocateurs afin de susciter une réaction et obtenir cette attention de ses parents. Un exemple typique pour les parents d’enfants opposant est le suivant: lorsqu’il joue seul, de manière calme et posée, on évitera à tout prix d’aller voir l’enfant pour ne pas briser ce beau moment de paix. On perçoit l’enfant comme une bombe sur le point d’exploser et on évite cette bombe, de peur de provoquer l’explosion. Ainsi l’enfant qui a à ce moment un comportement exemplaire, ne recevra aucune attention de la part de ses parents. Il aura tôt fait de réaliser que la meilleure façon d’obtenir cette attention sera d’exploser…

    Ainsi l’aspect le plus important sera d’établir un lien de confiance fort et inébranlable entre l’enfant et ses parents. Pour ce faire, il est incontournable de passer du temps positif et de qualité avec lui chaque jour pendant 20 à 30 minutes. L’enfant va souvent chercher de l’attention négative par son opposition, là où il n’arrive pas à obtenir de l’attention positive. Notons aussi qu’un enfant hésitera davantage à s’opposer s’il sent qu’il risque de briser un lien positif fort avec le parent et qu’il s’opposera davantage s’il sent qu’il n’a rien à perdre dans son lien avec le parent (ou même s’il sent qu’il y gagne de l’attention). L’enfant doit sentir un lien d’attachement fort, et ce avec ses deux parents. Il vaut la peine d’insister ici sur l’importance de l’investissement non seulement de la mère, mais aussi du père et souvent encore plus auprès de petits garçons qui le prennent comme modèle. Il est aussi recommandé de renverser l’interaction négative en utilisant le plus fréquemment possible des mots positifs envers l’enfant opposant. On le félicite pour ses réussites et ses efforts, et on lui répète qu’on l’aime et qu’on est fier de lui. Les contacts physiques comme les câlins et les baisers sont de puissantes méthodes pour solidifier le lien parent-enfant.

    Ressources

    Livres pour les parents

    Livres pour l’enfant

    Sites internet

    Comité Québécois pour les jeunes en difficulté de comportement

    L’auteur

    Dr Benoît Hammarrenger, neuropsychologueBenoît Hammarrenger, Ph.D., est neuropsychologue, diplômé de l’Université de Montréal. En 2003, il fonde la Clinique d’Évaluation et Réadaptation Cognitive (CERC) à Laval. La vocation principale du CERC est d’aider les jeunes, enfants et adolescents, qui présentent des difficultés d’apprentissage, et/ou des difficultés de comportement. En 2012, Dr Hammarrenger fonde une seconde clinique à Montréal, et son équipe compte aujourd’hui une vingtaine de spécialistes. À travers ces années, il s’est principalement intéressé au diagnostic du trouble de déficit de l’attention / hyperactivité (TDAH), ainsi qu’à l’enseignement de méthodes parentales efficaces pour gérer les comportements d’opposition chez les enfants. Pour plus d’informations, vous êtes invités à visiter le site internet du CERC : www.cerc-neuropsy.com


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  • Monique Touzin Orthophoniste, Hôpital Robert Debré et Hôpital Necker Enfants Malades,Paris LaurenceVaivre-Douret

     

    LES DIFFERENTS TROUBLES D APPRENTISSAGE

     


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  • https://celinearchambault.wordpress.com/2016/01/08/comprendre-lhyper-sensibilite/

     

    Comprendre l’hyper sensibilité

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    On parle beaucoup d’hyper sensibilité, j’avais envie de raconter un peu ce que c’est que d’être hyper sensible au quotidien, parce qu’au fond, il existe beaucoup d’hyper sensibles qui s’ignorent.  

    Quand on est hyper sensible, toutes nos émotions, tous nos ressentis sont vécus intensément. Plus on est sensible, plus c’est intense. Que ce soit colère, tristesse, frustration, peur, déception, joie,  espoir,  gratitude, doute, fierté, inspiration, plaisir, nos émotions nous rentrent dedans. Ce qui est déroutant, c’est que l’on peut passer d’une émotion à l’autre en un fash … du rire aux larmes, du blues à l’euphorie. Mais quand on est mal, on est pas juste mal, on déprime. Quand on a peur, on n’est pas juste inquiet. on est angoissé, quand on est content, on n’affiche pas juste un sourire, on saute partout. On peut être totalement assailli par le doute un jour et le lendemain se prendre pour le roi du monde…et ce dans tous les domaines de notre vie . Il y a des jours ou je peux ressentir un mal de vivre si profond que j’aurais limite envie de me jeter dans le fleuve et il suffit d’un rien,  une nouvelle, un sourire pour que je me sente totalement connectée a la vie et que je vois la beauté dans tout.

    L’hyper sensible réagit à tout, au bruit, aux odeurs, à la lumière, à la foule. Je suis capable de quitter un endroit juste parce que la musique me tape sur les nerfs.

    Etre hyper sensible c’est avoir des capteurs extra sensoriels et un cerveau un peu différent des autres, un cerveau qui va très vite, qui passe d’une idée à l’autre, qui anticipe tout tout le temps. L’anticipation, c’est ce qui rend l’hyper sensible si vulnérable en fait. Parce qu’on ne s’en rend pas compte qu’on anticipe, c’est une fonction inhérente au cerveau de l’hyper sensible. On anticipe le comportement des autres, on anticipe notre journée, nos discussions, le gout de notre dîner, le temps qu’il doit faire, on anticipe de rentrer à la maison et de la retrouver toute propre,  on anticipe les besoins de nos proches, on anticipe que notre beau livre tout neuf reste tout neuf longtemps, on anticipe que tout se déroule comme on le prévoit.  On anticipe tellement que l’on crée des attentes. On passe son temps à attendre que tout se déroule selon nos planifications mentales. Ce qui est terriblement dérangeant pour l’hyper sensible c’est de réaliser que rien ne se déroule comme on le souhaite. Si le livre tout neuf est abîmé, si la maison est sale, si l’autre a décidé de partir à gauche alors qu’on voulait qu’il parte à droite, si la brique de lait n’est pas à sa place habituelle dans le supermarché,  si il pleut alors qu’on est a la plage et que c’est la seule semaine de vacances qu’on a par an, c’est une catastrophe nucléaire intérieure.  Il perd le contrôle … s’ensuit alors une réaction excessive : colère, frustration, profonde tristesse, anxiété … pétage de plomb en bonne et due forme.

    En fait l’hyper sensible est binaire. Soit cela se passe comme il l’anticipe (alors même qu’il ne conscientise pas ce qu’il anticipe), soit c’est l’horreur.

    Ce qui est terrible pour l’hyper sensible, c’est que la vie est une petite farceuse, et plus on attend, moins on reçoit… plus on attend, plus on attend !  Pour résumer ce magnifique tableau, l’hyper sensible est destiné à se sentir mal souvent, très très souvent.

    Sans compter les autres petits inconvénients comme :

    • la difficulté à s’intégrer dans un groupe social ou autre, la sensation de ne pas être normal, l’impression de trop réfléchir tout le temps de ne pas pouvoir vivre les choses simplement
    • les troubles anxieux :  crises d’angoisse (parce qu’on a un cerveau tellement génial qu’il se crée des scénarios catastrophes tellement crédibles qu’il les croit), les phobies (même processus que l’angoisse mais en déplaçant l’objet de l’angoisse sur autre chose : animal, situation, environnements etc …) etc …
    • l’hyper sensibilité aux énergies des gens, des lieux, de l’environnement.
    • l’hyper sensibilité à des vibrations plus élevées, certaines personnes vont ressentir, voir, entendre leur guide, ou des personnes décédées etc …

    Mon mari me disait encore hier : « Qu’est ce que je suis content de ne pas être comme vous ! » … Je le comprends ! bien des fois j’aimerais appuyer sur pause, ou réduire le volume. D’un autre côté, mieux connaitre l’hyper sensibilité m’a permis d’accepter tout le package.

    Aujourd’hui je comprends mieux mes réactions et celles de mon fils, et j’apprends ainsi à les gérer, les intégrer, les équilibrer à les aimer.

    Parce qu’au delà de tout ça, être hyper sensible, c’est avoir une empathie surdeveloppée, c’est avoir accès à l’autre différemment, c’est le sentir, le comprendre, l’écouter autrement, c’est avoir une conscience du monde, de ce qui nous entoure, du bien comme du mal,  de la beauté, de la nature,  des petits riens, des grands touts, c’est aimer autrement, vivre autrement. L’hyper sensibilité offre une saveur de la vie particulière. Ca ne veut pas dire que c’est mieux, ni moins bien, c’est différent.

    Etre hyper sensible ce n’est pas une mince affaire … mais c’est aussi une chance pour celui qui accueille son caractère unique, bizarrement extraordinaire, dans toute sa complexité et sa richesse.


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  • L’enfant anxieux

     

    Ce texte a pour but de vous sensibiliser et de vous outiller en ce qui concerne l’anxiété chez l’enfant. Il n’a pas été conçu pour diagnostiquer un enfant quelconque, mais plutôt pour vous informer sur le sujet. Si vous êtes considérablement inquiète pour un enfant, veuillez en discuter avec le parent et consulter un professionnel.

     

    L’anxiété chez l’enfant, nous en avons entendu beaucoup parler ces dernières années. De plus en plus, les enfants démontrent des signes et symptômes d’anxiété. On dit que l’anxiété est « le bobo du siècle ». Seriez-vous surprise d’apprendre que près d’un tiers de la population est atteinte d’anxiété? Il est donc important de sensibiliser les gens à ce mal invisible qui fait tellement souffrir les gens, même les jeunes enfants. En effet, très jeune, l’enfant peut démontrer des signes d’anxiété, des peurs diverses. Cela est normal ou non? Il est normal que l’enfant vive des peurs de toutes sortes : la peur du noir, des araignées, des monstres, des loups… Dans le développement normal de l’enfant, des peurs apparaitront et, de façon générale, ces peurs s’estomperont avec le temps. L’intervention de l’adulte peut également jouer un rôle important. Selon la littérature, pour 15 % des enfants, les peurs exprimées normalement dans le développement pourront devenir problématiques.

     

    Définissons ensemble l’anxiété

     

    L’anxiété est une réponse normale à la perception d’un danger. Elle se manifeste par une sensation diffuse de malaise, de détresse, d’impression de danger et par un sentiment de peur souvent assez intense. Chez l’enfant, l’anxiété est inhérente à certaines étapes du développement. Les peurs traversent le développement de l’enfant : peur des étrangers à 6-18 mois, peur des monstres, angoisse de séparation à 2-3 ans, peur du noir ou de dormir seul vers 3-6 ans. L’anxiété devient problématique lorsqu’elle entrave le développement de l’enfant et qu’elle atteint de façon significative son fonctionnement général. L’enfant tentera alors par tous les moyens d’éviter la situation anxiogène dans son quotidien.

    Les différentes causes

     

    Il est parfois difficile de mettre le doigt sur la cause exacte de l’anxiété. Par contre, un éventail de causes peut être mis à l’avant-plan.

    • Les causes biologiques. On a découvert que certains enfants ont un système nerveux plus réactif, cela pourrait provoquer un degré de réaction plus intense.

    • Les évènements. Certains évènements survenus dans la vie des enfants peuvent agir à titre d’éléments déclencheurs d’un trouble d’anxiété.

    • Le « modeling » du parent. Les parents peuvent eux-mêmes éprouver des troubles d’anxiété. L’enfant observe son parent et sa façon de faire face à une situation. Comme il apprend beaucoup par « modeling », il aura tendance à reproduire ce qu’il observe.

    • Les interventions indirectes des parents. Parfois, les parents peuvent, de manière involontaire,  maintenir ou réconforter l’enfant dans son anxiété. Une trop grande « surprotection » de la part des parents peut rendre l’anxiété difficile à gérer chez l’enfant.

    Les différentes manifestations

     

    Différentes manifestations peuvent être observées chez l’enfant. Il est parfois difficile de savoir la différence entre des manifestations normales dans le développement et un trouble réel. Une partie de réponse se trouve dans la persistance de la manifestation et l’intensité de celle-ci, même après plusieurs interventions de l’adulte. Entre autres, nous retrouvons :

    • Peur d’être éloigné de son parent
    • Mutisme sélectif
    • Phobie spécifique (peur d’un objet, d’une situation)
    • Inquiétude excessive
    • Troubles du sommeil et cauchemars
    • Manifestations d’émotions démesurées dans diverses situations
    • Symptômes physiques comme des crampes au ventre, des maux de cœur, des vomissements, des maux de tête lorsqu’il est confronté à une situation
    • etc.

    Comment intervenir face à un enfant qui présente différentes manifestations d’anxiété?

    • Faire preuve de patience. Les interventions auprès de l’enfant nécessitent de la patience et de la douceur. Vous pourrez voir les résultats après plusieurs interventions.

    • Utiliser le jeu pour comprendre ce que l’enfant vit et désamorcer certaines situations. Les livres d’histoire, les jeux de rôle, les marionnettes, etc. sont tous de bons médiums pour faire verbaliser l’enfant.

    • Mettre des mots sur ses émotions. Educatout a préparé de beaux pictogrammes d’émotions. Les imprimer et les laisser à la disposition de l’enfant. Faire des jeux en lien avec les émotions pour qu’il apprenne à reconnaitre ses émotions ainsi que les gérer.

    • Accompagner l’enfant dans les situations. Être rassurante avec lui.

    • Le féliciter quand il réussit à surmonter ses peurs.

    Dans de telles situations, la technique des petits pas est de mise. N’oubliez pas, l’enfant est parfois submergé par des peurs d’adulte, mais il n’a pas la capacité cognitive d’un adulte pour y faire face. Il a alors besoin de votre aide de façon calme et constante.

     

    Maude Dubé, éducatrice spécialisée

     

     


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