• TDAH: peut-on traiter sans médicament?

    TDAH: peut-on traiter sans médicament?

     

     

    1. tdah sans medicament
      Photo :
      Shutterstock

       

     

     

     

    Julie Leduc, Coupdepouce.com ,
    10 août 2014

     

    Certaines approches non médicamenteuses améliorent notre capacité d’attention. Est-ce suffisant pour traiter le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)?

     

    Maxime Chevrier, consultant en psychologie, travaille depuis plus d'un an avec le logiciel NeuroTracker, conçu par l'entreprise montréalaise CogniSens. Ce système utilise un téléviseur 3D pour créer un environnement immersif où les sujets subissent des tests qui stimulent leur capacité d'attention. Il s'agit pour eux de faire des exercices dans lesquels ils suivent le mouvement d'une ou de plusieurs balles qui bougent très rapidement.

    Ce système permet notamment aux athlètes d'optimiser leur capacité de concentration et leur rapidité de traitement de l'information visuelle. Il permet aussi d'effectuer un suivi des fonctions cognitives à la suite d'une commotion cérébrale. Des équipes professionnelles (NFL, LNH) l'utilisent. «Ce type d'entraînement a aussi des effets positifs dans d'autres sphères d'activité. Je l'utilise avec des jeunes qui ont un TDAH et je vois une différence, dit Maxime Chevrier. Après 15 à 20 séances, je note une amélioration des capacités d'attention des jeunes, et après 30 ou 50 séances, certains commencent à réduire leur dose ou même à cesser de prendre leur médicament. Sur 30 jeunes avec un diagnostic de TDAH qui ont suivi l'entraînement au NeuroTracker avec moi, 10 ont arrêté complètement la médication, et la plupart des autres ont réduit leur dose.»

    Les séances d'entraînement avec ce système durent une dizaine de minutes, et il faut en faire au moins deux fois par semaine pour obtenir des résultats. Maxime Chevrier reconnaît qu'il s'agit d'un service haut de gamme non couvert par la RAMQ. «J'essaie de faire des prix très bas, dit-il. Mais les parents doivent quand même débourser entre 400$ et 800$ avant de voir une amélioration chez leur enfant.»

    Des bémols

    Marie-Claude Guay, psychologue et chercheure spécialisée dans le TDAH, s'intéresse aux moyens complémentaires aux médicaments pour développer l'attention. Mais elle conseille aux parents de rester prudents. «À partir du moment où on me dit qu'on améliore l'attention soutenue et la mémoire de travail, je trouve ça intéressant, dit-elle. Mais présentement, on ne connaît pas l'impact de l'entraînement sur logiciel sur le maintien dans le temps. Une fois que l'enfant a fini son entraînement, est-ce qu'il doit recommencer tout le temps pour garder ses capacités ou bien ce sera un apprentissage acquis et durable? Actuellement, personne ne peut répondre à cette question. Ce sont des avenues d'intervention intéressantes pour les chercheurs. Mais, je suis mal à l'aise avec le fait que des parents dépensent pour des traitements dont on ne connaît pas encore précisément sur le plan scientifique l'efficacité à long terme.»

     

     

     

    La chercheure suit toutefois de près la recherche sur l'entraînement cognitif informatisé tout comme ce qui touche aux bienfaits de la méditation de pleine conscience sur les capacités de concentration. «Avec un collègue professeur de psychologie à l'UQAM, Gilles Dupuis, on étudie comment l'apprentissage de stratégies de méditation par le yoga pourrait permettre à des enfants qui ont un TDAH d'améliorer leur attention et leur capacité à réguler leurs émotions. On n'a pas encore de résultats, mais c'est un courant qui m'intéresse beaucoup.» Pour elle, il s'agit toutefois d'approches complémentaires à la médication.

    Annick Vincent, psychiatre spécialisée dans le TDAH, mentionne pour sa part que des études suggèrent que certains enfants atteints de TDAH présenteraient une carence en acides gras oméga-3 et que la prise de suppléments réduirait leurs symptômes. Jusqu'à présent, les résultats de ces études ont été peu concluants. «Si un parent veut en faire l'essai, il peut toujours, mais ça ne remplacera jamais la médication.» La psychiatre insiste sur l'importance de traiter le TDAH pour éviter les effets négatifs sur les enfants comme la démotivation scolaire et la baisse de l'estime personnelle.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :