• Les TED et l'alimentation

    Les TED et l'alimentation

    Les TED et l'alimentation

    Les parents savent bien que les enfants, en général, ont des gouts alimentaires plutôt restreints et qu’ils sont peu portés à vouloir essayer de nouveaux mets.

    Chez les autistes, cette caractéristique est problématique et crée de sérieux ennuis aux parents. « Dans l’ensemble de la population, les problèmes d’alimentation touchent 25 % des enfants en bas âge, mais le taux grimpe à 80 % chez les enfants qui souffrent de troubles envahissants du développement », explique Geneviève Nadon, ergothérapeute au centre de réadaptation La myriade, à Joliette, et qui intervient plus spécialement auprès de ces jeunes.

    Les troubles envahissants du développement, communément désignés par l’acronyme TED, incluent l’autisme, le syndrome d’Asperger, le syndrome de Rett et le trouble désintégratif de l’enfance. On compte 60 personnes sur 10 000 atteintes de l’un de ces troubles qui frappent quatre fois plus de garçons que de filles. « Les enfants qui présentent un TED ont des gouts restreints, des comportements répétitifs et obsessifs et font preuve de peu d’imagination, souligne Geneviève Nadon. Cela se répercute sur leur alimentation. Certains d’entre eux peuvent même limiter leur nourriture à moins de 10 aliments. » La sélection peut aller jusqu’à refuser un produit alimentaire, du yogourt par exemple, d’une nouvelle marque de commerce. Si les parents tentent d’introduire de la nouveauté, une crise alimentaire peut être déclenchée. Dans les cas extrêmes, l’enfant pourrait refuser une assiette dans laquelle aurait été mis un aliment qu’il n’aime pas. « Certains enfants vont lancer l’assiette s’ils n’aiment pas les pois et qu’il s’en trouve à côté des pommes de terre », signale Mme Nadon. Il arrive également que des enfants se limitent à un aliment pendant des semaines et le rejettent subitement par la suite.

    « Certaines études recommandent un régime sans gluten ni caséine – une protéine du lait –, des éléments que les enfants aux prises avec un TED tolèreraient moins bien. Mais cette approche ne fait pas l’unanimité, affirme Mme Nadon. Les autres suggestions visent à modifier le comportement par des mesures plutôt intrusives. » Ces enfants réagiraient parfois de façon exagérée aux informations sensorielles, tant en ce qui concerne le bruit et l’odeur que le gout ou même la texture de l’aliment; le blocage alimentaire pourrait découler de ce type de réactions exacerbées. Les données recueillies pour l’instant auprès d’une trentaine d’enfants (sur un objectif de 200) montrent que la sélection alimentaire constitue un problème dans 65 % des cas de TED et que ce problème est modéré ou grave dans presque 50 % des cas; 65 % des enfants goutent rarement ou ne goutent jamais à de nouveaux aliments et 80 % finissent par refuser un aliment qu’ils acceptaient auparavant.


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