• Les laissés-pour-compte du secondaire

    Les laissés-pour-compte du secondaire

     Les laissés-pour-compte du secondaire

    Si les « dys » commencent à faire l’objet de plus d’attention en primaire, ils sont totalement lâchés en secondaire et dans le supérieur.

    Constat alarmant lors du passage dans le secondaire spécialisé : une bonne partie des enfants qui souffrent d’un trouble spécifique des apprentissages, et qui suivaient une scolarité adaptée dans le primaire spécialisé (type 8), se retrouvent dans une filière complètement inadaptée.

    « Ils partent essentiellement dans le type 3, destinés à des jeunes qui ont des troubles structurels du comportement, de la personnalité, avec des déficiences intellectuelles, explique Philippe Tremblay, chercheur à l’ULB. C’est problématique pour eux puisque, justement, ils ne sont pas déficients intellectuels. Ils ont des troubles de l’apprentissage. »

    Autre problème : certaines écoles de l’enseignement secondaire spécialisé mélangent les enfants des différents types dans les mêmes classes. « À nouveau, ces jeunes sont pénalisés, car absolument pas reconnus dans leur différence. »

    Pour l’APEDA (*) aussi, le fait que les « dys » soient laissés à leur propre sort est une catastrophe. Car si, grâce à la circulaire de 2010, les enfants du primaire peuvent bénéficier d’outils spécifiques pour les épreuves certificatives, il n’y a pas de continuité dans le projet.

    « C’est regrettable, mais on ne peut pas tout bousculer en une fois, explique Eleni Grammaticos, présidente de l’APEDA et neurolinguiste. Les choses bougent, mais à leur rythme. Il faudra d’abord attendre les résultats des projets-pilotes en primaires pour ensuite les adapter dans le secondaire. »

    Où les choses sont beaucoup plus compliquées qu’en primaire.
    « D’abord, les profs sont très réticents à l’égard des élèves “dys “, observe Eleni Grammaticos. Notamment parce qu’ils n’ont reçu aucune formation. Mais c’est également très difficile parce que l’élève a affaire à plusieurs profs. Et le problème est pareil dans le supérieur. »

    Un symposium en octobre

    Du coup, l’APEDA tente de compenser le déficit des institutions en faisant paraître un petit guide destiné aux profs du secondaire et du supérieur. Objectif : les aider à accompagner les étudiants présentant un trouble spécifique des apprentissages.

    « Le jour où nous n’aurons plus besoin de distribuer ces guides, dans les écoles, c’est que le problème aura été réglé, particulièrement au niveau de la formation des enseignants qui comporte de grosses lacunes en matière d’accueil en difficultés. On ne leur apprend rien à ce sujet. C’est notre but ultime », conclut la directrice de l’APEDA.

    Une association qui est aussi à l’initiative d’un symposium qui se déroulera le 9 octobre à Louvain-la-Neuve. Il sera ouvert aux enseignants, médecins ou paramédicaux qui, sur le terrain, sont confrontés aux enfants « dys ».

    Le but : parler d’eux, comprendre et informer sur les meilleurs moyens de jouer la carte de l’inclusion avant de les envoyer trop rapidement vers l’enseignement spécial qui, souvent, ne leur convient absolument pas.

    (*) Apeda : Association des parents d’enfants en difficulté d’apprentissage.

     


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