• Le TDAH chez l’adulte, une souffrance sous-estimée

     

    Le TDAH chez l’adulte, une souffrance sous-estimée

     

     

    Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) n’est pas un mal réservé aux enfants puisque l’on considère que 10 % des adultes canadiens seraient eux aussi touchés. Certains parviendront à composer avec ce problème, tandis que d’autres vivront une souffrance bien réelle et encore trop souvent sous-estimée.

    Beaucoup pense qu’une vague de diagnostics déferle sur la province depuis quelques années, mais elle est principalement due à un accès à de meilleurs outils de dépistage et à une connaissance accrue des professionnels de la santé.

    Qu'est-ce que le TDAH?

    Le TDAH est un problème neurologique, bien souvent génétique, même s’il peut être aggravé par des facteurs psychosociaux. Il est causé par la défaillance de deux neurotransmetteurs, la dopamine et la noradrénaline, qui ont comme principale mission de faire circuler l’information dans notre cerveau. Ce dernier va donc fonctionner différemment chez les personnes atteintes, ce qui peut entraîner des atteintes fonctionnelles et leur causer des difficultés dans différentes sphères de leur vie.

    Selon l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, les garçons auraient deux à trois fois plus de risques que les filles d'être atteints, même si ces dernières peuvent l’être aussi sévèrement.

    Les symptômes du TDAH sont présents depuis l'enfance et persistent en vieillissant dans la moitié des cas. D’après une étude canadienne, de 85 à 90% des adultes atteints ne seraient ni diagnostiqués, ni traités. Ceux qui en souffrent sont d’ailleurs souvent mal perçus dans la société en raison de certains de leurs comportements qui peuvent parfois sembler inadaptés, autant dans leur vie professionnelle que personnelle.

    Les trois symptômes les plus communément associés à ce trouble sont l’inattention, l’impulsivité et l’hyperactivité, ces deux derniers allant souvent de paire. Il arrive également que certaines personnes combinent les trois. La bougeotte motrice, associée à une activité excessive, a tout de même tendance à s'atténuer à l’âge adulte.

    Pour établir un diagnostic, il faut donc que l’un de ces comportements soit considéré comme excessif, se déclare avant l’âge de sept ans, et affecte de façon significative au moins deux sphères de la vie.

    Le TDAH au quotidien

    Les difficultés d’attention et les nombreuses pensées qui se bousculent provoquent de la distraction et empêchent la concentration. Résultats : oublis et pertes d’objets, désorganisation, éparpillement à la tâche, procrastination, absence de la notion du temps pouvant provoquer des retards, et même parfois défaillance de la mémoire à court terme...

    Filtrer et établir une priorité parmi les informations pertinentes peut également s’avérer ardu, tandis que l’impulsivité peut entrainer de mauvaises prises de décisions, celles-ci étant trop souvent irréfléchies.

    Il arrive que les gens atteints puissent avoir des difficultés à contrôler l'intensité de leurs émotions, se faisant alors qualifier d’hypersensibles. Même si les symptômes varient d’un individu à l’autre, leurs impacts peuvent entrainer une faible estime de soi et un sentiment de sous-performance.

    Et plus tard le diagnostic est posé, plus les risques de développer de nouvelles difficultés sont grands. Les petits irritants de la vie vécus par les personnes non atteintes sont bien souvent subis au quotidien chez les adultes qui souffrent de TDAH.

    De plus, pour eux, les routines comme le respect de saines habitudes de vie peuvent s’avérer extrêmement laborieuses à adopter, au même titre que faire des études. Ceux qui y parviennent témoignent souvent du caractère ardu de leur parcours, redoublant alors d’efforts pour pallier leurs lacunes.

    Certains apprennent donc à canaliser leur énergie dans le sport ou le travail, tandis que d’autres se traitent à l’aide des moyens dont ils disposent; caféine, nicotine, drogue...

    Enfin, il faut savoir que les gens atteints développent généralement une multitude de qualités comme la créativité, l’intuition, la curiosité ou encore la flexibilité, leur permettant ainsi d’aborder des situations de façon particulière, voire unique!

    Établir un diagnostic

    Le TDAH peut bien souvent expliquer toutes sortes de maux et de comportements, dont les relations interpersonnelles et professionnelles instables, l’humeur labile, les émotions en dents de scie, les épisodes de dépression, ou encore les agissements inappropriés ou à risque.

    Il n’est d’ailleurs pas rare que les adultes consultent et soient traités pour toute autre chose, et qu’un diagnostic précis ne soit malheureusement jamais posé. Il existe en effet un niveau élevé de comorbidité, ce qui signifie qu’un ou plusieurs troubles pourraient découler et cohabiter avec un problème principal comme l’anxiété, les troubles de la personnalité, la toxicomanie...

    Si le portrait dressé précédemment vous semble familier, il pourrait alors être intéressant d’entamer des démarches afin d’obtenir un diagnostic. Sachez par contre que le processus et la prise en charge par des professionnels est parfois difficile.

    Tout d’abord, un outil comme l’inventaire des symptômes peut constituer une première étape éclairante, même si rien ne vaut un avis médical. Il est donc important de consulter un médecin qui confirmera, ou non.

    Mieux vivre avec le TDAH

    Quand vivre avec le TDA/H demeure problématique, une médication peut être considérée afin d’aider les neurotransmetteurs à fonctionner correctement. Le but du traitement est donc de réduire les symptômes pour permettre à la personne atteinte de fonctionner selon son potentiel réel et d’avoir une meilleure qualité de vie.

    Médication

    Les deux principaux types de médicaments utilisés pour traiter le TDAH sont les agents stimulants et non stimulants. Les non stimulants, comme l'atomoxétine (ex: Strattera) vont amplifier les effets de la noradrénaline dans le cerveau, tandis que les stimulants, comme le méthylphénidate (ex: Ritalin, Concerta, Biphentin) agissent principalement en régulant les substances chimiques du cerveau (la noradrénaline et la dopamine).

    Par contre, tout comme le diagnostic, trouver le traitement adéquat pour obtenir un bon équilibre entre les effets thérapeutiques et les effets secondaires peut parfois prendre du temps. En général, les médicaments pour le TDAH sont tout de même bien tolérés.

    Il faut également savoir que la prise de médicaments seule ne constitue pas une solution absolue. Ils vont certes atténuer les symptômes, mais n’agiront malheureusement pas sur l’apprentissage de nouveaux schémas de vie ou à l’élaboration de stratégies pérennes.
    D’autres ressources sont donc vivement conseillées pour améliorer la qualité de vie au quotidien.

    Thérapies

    Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) individuelles ou de groupe amènent habituellement d’excellents résultats en agissant sur le « ici et maintenant ». Elles permettent aux clients de travailler sur la normalisation de certains comportements problématiques, souvent issus de croyances infondées qui provoquent les émotions et les désordres qui empêchent d’avancer.

    Certains coachs spécialisés offrent également une approche intéressante dans le but, par exemple, de permettre aux personnes atteintes de mettre à profit leur potentiel et leurs différences, d’améliorer leurs lacunes et d’élaborer des stratégies adaptées.

    Sur le net

    Sachez que plusieurs sites Web regorgent de précieuses informations et de ressources éclairantes, ainsi que de stratégies simples qui ont déjà fait leurs preuves. Ils s’adressent autant aux personnes touchées qu’à leur entourage, comme le Canadian ADHD Resource Alliance (CADDRA)

    Au quotidien

    En attendant de recevoir de l’aide, sachez qu’un sommeil équilibré, une saine alimentation et la pratique régulière d’un sport aident déjà les neurotransmetteurs touchés à mieux fonctionner. Le yoga et la méditation sont également bénéfiques pour favoriser la concentration et contrer l’anxiété.

    Finalement, le fait même de se savoir touché par le TDAH peut d’ores et déjà faire une différence au quotidien en nous aidant à prendre conscience de l’origine de nos difficultés. Le TDAH est une explication, pas une excuse!


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