• Le TDAH, ça se soigne?

    Le TDAH, ça se soigne?Le TDAH, ça se soigne?

    En termes de traitements associés au TDAH on associe les 2 grandes familles de traitement : le traitement pharmacologique (médication) et le traitement en psychologie (psychothérapie). L’effet combiné de ces 2 traitements augmente les chances de succès chez le sujet atteint. La médication est la plus efficace à court terme car elle permet de réduire les symptômes primaires du TDAH. Tandis que les interventions psychosociales s’appliquent davantage sur une adaptation de l’environnement afin de prévenir les problèmes, réduire leur apparition et agit directement sur les comportements indésirables. On enseigne à l’enfant (ou l’adulte) de nouvelles façons d’agir ou de penser tout en se préoccupant des besoins affectifs.

    La médication

    Au Québec, nous avons 2 types de médication : les psychostimulants (à base de méthylphénidate: Biphentin, Concerta, Ritalin, à base d’amphétamine: Dexédrine, Adderall, Vyvanse) et les non stimulants à base d’atomoxétine (Strattera : le seul médicament de premier ordre de la classe des non-stimulants. Son utilisation est particulièrement recommandée lorsqu’il y a présence de tics chroniques, du syndrome de Gilles de la Tourette ou de troubles anxieux. C’est le seul médicament qui agit pendant 24 heures).

    Un autre psychostimulant sera offert prochainement sur le marché canadien sous forme d’un timbre transdermique à base de méthylphénidate : le Daytrana MD. Ce timbre est offert aux États-Unis depuis 2006.

    Les médicaments améliorent la circulation de la noradrénaline ou de la dopamine, surtout dans le lobe frontal. Les psychostimulants agissent principalement en augmentant la libération de la dopamine, ce qui a pour effet de hausser le niveau d’activité, d’éveil ou de vigilance du système nerveux central. Le médicament non stimulant à base d’atomoxétine agit en bloquant la pompe de recapture des neurotransmetteurs au niveau des synapses, en particulier la noradrénaline. Les médicaments à longue durée d’action sont ceux qui sont actuellement recommandés en premier par la Canadian Attention Deficit Hyperactivity Disorder Resource Alliance CADDRA) (2008)

    Évidemment, la médication ne résout pas tous les problèmes liés au TDAH, il n’y a pas de gain à long terme sur la réussite scolaire et elle ne résout pas tous les problèmes associés.

    Saviez-vous que de 15 à 30 % des sujets ne réagissent pas aux psychostimulants ou ne les tolèrent pas en raison d’effets secondaires trop importants ou de la présence d’un autre problème (syndrome de Gilles de la Tourette, anxiété, dépression, problème cardiaque, épilepsie, etc.)?

    Les interventions psychosociales

    Elles prennent la forme d’interventions psychoéducatives (éducation, information, soutien aux apprentissages, etc.), comportementales (augmentent les comportements appropriés et diminue les comportements inappropriés à l’école et à la maison), cognitives-comportementales (visent à améliorer les comportements de l’enfant en corrigeant certaines façons de penser (déficits sociocognitifs) et en augmentant la maîtrise de l’enfant sur ses propres comportements. Ils sont habituellement offerts par des intervenants psychosociaux dans le cadre de petits groupes thérapeutiques) et les programmes d’entraînement aux habiletés sociales (visent à diminuer les comportements sociaux négatifs et à améliorer les habiletés sociales de l’enfant ayant un TDA/H).

    Vision d’avenir

    Certains traitements prometteurs ne peuvent pas encore être considérés comme probants parce que les résultats des études qui ont démontré leurs effets positifs pour traiter le TDA/H sont parfois contradictoires; dans d’autres cas, le devis de recherche des études n’est pas suffisamment contrôlé. Des études supplémentaires sont donc nécessaires pour mieux documenter leur efficacité. C’est le cas de la remédiation cognitive (vise l’amélioration des fonctions cognitives déficitaires chez l’enfant ayant un TDA/H — en particulier les capacités attentionnelles (mémoire de travail, attention soutenue, etc.) — et le contrôle de l’agitation et de l’impulsivité, grâce à une amélioration des capacités d’inhibition des conduites et des pensées interférentes), du neurofeedback (qui a pour but d’entraîner l’individu à exercer un certain contrôle sur ses ondes cérébrales afin de normaliser les fréquences d’activité spectrale (électriques) anormales. L’entraînement vise à amener l’individu à produire davantage d’ondes cérébrales qui sont sous-exprimées dans le TDA/H et à moins produire celles qui sont surexprimées) ou de la réalité virtuelle (permettrait de placer l’enfant ayant un TDA/H dans des situations d’entraînement difficilement accessibles ou contrôlables dans le monde réel. Ce type de traitement permettrait d’allier les méthodes de modification de comportements (renforcements positifs et négatifs, consignes, modelage, façonnement, extinction) et les techniques de restructuration cognitive).

    Ce qui ne fonctionne pas…

    • Diète qui recommande d’éliminer tous les aliments contenant des additifs alimentaires (tels les colorants ou les saveurs artificielles, l’aspartame) et du salicylate (radical contenu dans plusieurs fruits et légumes), des diètes sans sucrose (diète de Fiengold)
    • Mégavitamines ou suppléments minéraux (notamment le zinc)
    • Antihistaminiques contre le mal des transports (Mechizine, cyclizine et dimenhydrinate)
    • Caféine (ne peut substituer le traitement médicamenteux)
    • Produits homéopathiques ou naturels (Calmplex, Defendol, Ginko biloba, Hypericum, Pycnogenol). Ces produits doivent être pris avec précaution, car ils peuvent interagir avec le médicament.
    • Thérapies d’intégration sensorielle
    • L’oméga-3, leur utilisation est associée à une faible diminution de certains symptômes liés au TDA/H, en particulier les problèmes de mémoire et de concentration (oui comme traitement d’appoint).

    Que vous optiez pour l’un ou l’autre des types de traitement (ou encore mieux, les deux!), vous seul savez ce qui fonctionne bien pour vous ou pour votre enfant.  Chaque enfant TDAH arrive avec sa petite valise et ce qui est bon pour un frère n’est peut-être pas bon pour l’autre.  L’important c’est d’être à l’écoute des signes et de vous faire confiance.

    Par soucis de justesse, ce texte est un résumé personnalisé du guide "Mieux vivre avec le TDAH" chez Chenelière Éducation inc. (reproduction autorisée).

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