• La réalité des enfants autistes en milieu scolaire

    La réalité des enfants autistes en milieu scolaire

    Entre nos souhaits et la réalité, il y a parfois un monde! L’enfant autiste a des défis particuliers à relever en milieu scolaire comme nous l’explique Nathalie Fecteau de Dimension éducative.

    Nous souhaitons tous que les enfants ayant un trouble envahissant du développement (TED) soient intégrés dans les classes ordinaires. Pour certains d’entre eux, l’intégration se passe assez bien, mais ce n’est pas le cas pour tous. Avant d’être intégrée dans un milieu, il faut d’abord que la personne autiste se comprenne elle-même et comprenne le milieu dans lequel elle sera intégrée.

    L’enfant neurotypique
    • La réalité de la personne autiste est différente de celle de la personne neurotypique. Lorsque l’enfant neurotypique entre à l’école, il est en mesure de signaler à l’enseignant qu’il a besoin d’aller à la salle de bain, qu’il a faim, qu’il a soif... Tous ses besoins de base sont bien décodés.
    • Il comprend bien son environnement parce que ses parents lui ont expliqué verbalement en lui donnant des exemples. S’il ne comprend pas quelque chose, il posera une question à un adulte ou à un ami.
    • Il comprend assez bien le déroulement d’une journée. Il est à l’aise avec les consignes et se sent interpelé lorsque l’enseignant parle au groupe.
    • Il décode assez bien ses émotions et il est capable de faire le lien entre ce qu’on lui dit et ce qu’il doit faire.
    • Il comprend qu’il y a des règles à suivre dans la classe, dans l’école et dans la cour de récréation. Il sait que dans la cour d’école il peut crier, que dans les corridors il doit garder le silence et que dans la classe il peut soit parler, soit chuchoter ou garder le silence selon le contexte.
    • Il sait comment se faire des amis. Tous ces concepts, l’enfant neurotypique les apprend par imitation sociale et par généralisation, sans trop s’en rendre compte.
    L’enfant ayant un TED

    C’est une tout autre réalité pour la plupart des enfants ayant un TED. Comme ils fonctionnent constamment avec des informations apprises par cœur et mal classées, cela génère en eux une anxiété qu’ils sont souvent incapables de gérer et qui mène à des comportements inadéquats, souvent interprétés comme de la rigidité ou pire encore, de l’opposition. Avant que l’enfant arrive à se contrôler, il faut d’abord travailler sur la raison d’être de ses comportements.

    • Au départ, on doit aider l’enfant autiste à comprendre ce qui se passe dans son corps, à le décoder et à y répondre de façon adéquate.
    • Ensuite, on doit l’aider à bien comprendre son environnement, à être en mesure de se situer dans l’espace en lui donnant des outils et en mettant en place des repères visuels. Les facteurs dérangeants dans l’environnement tels que le bruit, le mouvement, l’éclairage, le manque d’espace, la verbalisation excessive, etc. ont un impact considérable sur sa disponibilité à apprendre.
    • Il faut lui enseigner la signification de tout ce qui peut survenir dans une école telle que : la cloche, l’interphone, l’alarme de feu...
    • On doit aussi lui expliquer les changements qu’il pourra percevoir, comme les nouvelles lunettes, la nouvelle coupe de cheveux ou même le nouveau parfum de l’enseignant. Les multiples changements qui peuvent survenir : changements d’enseignant, de place dans la classe, de décoration, les transitions, une nouvelle tache sur le plancher... doivent lui être expliqués, car il ne peut les comprendre par lui-même et c’est un important facteur d’anxiété.

    Il est important que les gens qui gravitent autour de l’enfant autiste comprennent bien son fonctionnement. Il est facile de passer à côté du message envoyé par celui-ci, de ne pas réagir de la bonne façon et de faire beaucoup de dégât, même en ayant la meilleure volonté du monde.

    Les classes ordinaires, même si elles sont saines pour un certain nombre d’enfants ayant un TED engendrent souvent un stress intolérable chez ceux qui ne sont pas rendus à cette étape, et ce, même avec accompagnement. L’anxiété vécue par ces enfants provoque alors un blocage sur leur schème de pensée et devient un facteur important de régression. L’enfant est continuellement en détresse.


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