• La méthode Padovan, c’est quoi ?

    La méthode Padovan, c’est quoi ?

     

    Et s’il était possible de rééduquer le système nerveux ? Dans le cas, par exemple, d’un trouble chez l’enfant (retard de développement, dyslexie, anorexie du nourrisson…) ou encore d’un handicap (hyperactivité, autisme…) ? C’est ce que propose la méthode Padovan. Son principe : la Réorganisation Neuro-Fonctionnelle. En revenant sur chacune des étapes de la maturation et des apprentissages, elle assure pouvoir réparer les zones du système nerveux qui auraient été lésées ou non stimulées.

    Anne-Laure Vaineau

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    Béatriz Padovan s’est appuyée sur les travaux du philosophe Rudolf Steiner, à l’origine du principe d’inter-relation entre la marche, la parole et la pensée, et sur ceux du neurochirurgien Temple Fay, qui a démontré que tous les enfants parcouraient les mêmes étapes, dans le même ordre. Plus d’infos et les contacts des praticiens en France sur le site : http://www.padovan-synchronicite.fr/

    La méthode Padovan a été créée par la pédagogue et orthophoniste brésilienne Béatriz Padovan dans les années 1970, alors qu’elle cherchait à dépasser les limites de ses méthodes face aux difficultés d’apprentissage (marche, langage, scolarité…), de compréhension, mais aussi de comportement ou de relation aux autres de ses patients.

    Qu’est-ce que la méthode Padovan ?

    « Le terme Réorganisation Neuro-Fonctionnelle regroupe toutes les idées contenues dans cette méthode, explique Florence Fromageot, orthophoniste et thérapeute Padovan. Neuro se rapporte au système nerveux. Fonctionnel désigne toutes les fonctions dirigées par celui-ci : motrices, sensorielles, limbiques émotionnelles, végétatives, langagières et cognitives. Selon Padovan, lorsque un problème survient dans l’organisation, quelle que soit la fonction touchée, c’est tout le système qui est en péril. » Comme si toutes les fonctions étaient les branches d’un arbre, interdépendantes les unes des autres, et dépendantes d’un tronc commun : le système nerveux. Or, chez l’humain, la maturation cérébrale se fait selon un schéma toujours identique. Ce que la méthode Padovan appelle “marcher, parler, penser”. «  Il ne s’agit donc pas de travailler sur le symptôme, mais de récapituler l’intégralité de la chaîne neuro-évolutive pour reconstruire la ou les zones lésées. »

    Comment se pratique-t-elle ?

    À chaque séance, il s’agit de repasser, via le corps, toutes les étapes qui permettent les apprentissages qui se font habituellement entre 0 et 3 ans, et jusqu’à 7 ans pour les derniers. « Le premier mouvement s’effectue dans un hamac. Il représente le bercement du ventre maternel. Puis le thérapeute fait repasser le patient par toutes les phases nécessaires à l’acquisition du rampé, du roulé, du quatre-pattes et ainsi de suite. » Pour rétablir ce qui devrait être des automatismes, il est nécessaire que les exercices ne se fassent pas de façon consciente. « C’est le câblage, ou recablage, de ces circuits neurologiques de base qui permettront par la suite au patient d’effectuer des actions volontaires, ciblées, fines et adaptées. » C’est donc le thérapeute qui fait exécuter les différents mouvements au patient.

    Une séance dure environ 50 minutes, individuellement et à raison de deux séances minimum par semaine (jusqu’à deux par jour lors de cures intensives). « Au cours de chaque séance, on récapitule tous les mouvements de la chaîne neuro-évolutive du corps, des mains, des yeux ainsi que les fonctions prélinguistiques que sont la respiration, la succion, la mastication et la déglutition, le tout accompagné par des poèmes ou comptines récités par le thérapeute, » explique Florence Fromageot. 

    Les séances doivent être régulières. « Car la méthode Padovan, c’est aussi la règle des 3 R. Répétition : un enfant qui connecte refait de nombreuses fois les mêmes mouvements lorsqu’il les apprend. Régularité : pour entrer en résonnance avec le système nerveux. Rythme : car l’humain n’est, au fond, que pulsations. »

    À qui s’adresse-t-elle ?

    La méthode Padovan peut être utilisée chez des patients très divers. « Dès l’apparition d’un dysfonctionnement, et même en amont, souligne Florence Fromageot. Il nous arrive d’intervenir auprès d’enfants atteints de maladies génétiques, ou suite à une naissance compliquée, comme un accouchement prématuré. » Chez les plus jeunes, c’est d’abord pour des troubles de l’oralité (difficultés d’alimentation), que les thérapeutes Padovan sont consultés. Puis, plus tard, plutôt pour des retards de développement, des troubles neurologiques, des difficultés d’apprentissage… « Chez l’adulte, ajoute la thérapeute, il s’agit de patients atteints de maladies génétiques ou de handicaps, notamment suite à un traumatisme (accident de la route, AVC…). De plus en plus de personnes âgées consultent aussi dans le cas de maladies dégénératives, telles que la maladie d’Alzheimer. » 

    Comment choisir son thérapeute ?

    Toutes sortes de praticiens pratiquent la méthode Padovan : orthophonistes, psychomotriciens, kinésithérapeutes, psychothérapeutes, ergothérapeutes… On les appelle alors “thérapeutes Padovan”. Quelle que soit leur formation initiale des professionnels de santé, tous pratiquent la méthode de la même façon. L’orientation à prendre dépend donc du motif de consultation. On choisira plutôt un orthophoniste pour un retard lié à l’oralité ou au langage, un psychomotricien pour des problèmes moteurs, un psychologue pour un trouble du comportement… Sans oublier que certaines professions sont conventionnées, et donc remboursées, alors que d’autres ne le sont pas.

     
     

     


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