• L'orientation en 3ème, le choix des parents et les inégalités sociales

     

    L'orientation en 3ème, le choix des parents et les inégalités sociales 

    Qui aurait cru que l'orientation en fin de troisième mobilise l'Assemblée nationale ? C'est pourtant ce qu'on a vu lors du débat sur la loi de refondation. Au final, les rapporteurs de la loi qui voulaient laisser le dernier mot aux parents dans le choix d'orientation ont du se contenter d'une expérimentation limitée. Nul doute que l'étude réalisée par la Depp ne perturbe leur projet.

     

    Aujourd'hui en fin de troisième, 65% des élèves sont envoyés en seconde GT et 32% en seconde professionnelle ou CAP. Quelques progrès ont été réalisés depuis 1997, le taux de passage en 2de GT étant passé de 59 à 65%.  Le taux de redoublement a reculé passant de 7 à 3%.

     

    Pour autant les décisions d'orientation ne sont pas à l'abri des inégalités sociales. Ainsi si 89% des enfants de cadres sont orientés en 2de GT, c'est le cas que pour 36% des enfants d'inactifs et 43% des employés de service. En cause les demandes des familles. Ainsi 91% des cadres demandent la seconde GT pour leur enfant quand ce n'est que 36% des inactifs. A notes égales, les écarts entre els souhaits sont importants. Quand ils sont très bons, 98% des enfants de cadres demandent la seconde GT quand c'est seulement 80% des enfants d'ouvriers non qualifiés.

     

    Voilà qui ne plaide pas en la liberté de choix des familles. D'autant qu'il ne faut pes compter sur les conseils de classe pour les aider à choisir. Selon l'étude, ils ne corrigent pas les demandes d'orientation venues des familles modestes. Ils les laissent  limiter les ambitions de leur enfant.

     

    François Jarraud

     

    L'étude

     
    Par fjarraud , le mercredi 13 novembre 2013.

    Commentaires

    • Viviane Micaud, le 13/11/2013 à 16:17
      Le principal dysfonctionnement de l'orientation en fin de 3ème se situe dans l'affectation dans la filière professionnelle par un logiciel aveugle appelé AFFELSET dont les paramètres ont été réglés par des bureaucrates des services académiques. 
      Si Kevin dit : "j'ai fait un stage de 15 jours comme plombier. C'est ce que je veux faire. J'ai une lettre de recommandation de mon employeur qui a laissé son numéro de téléphone et qui est prêt à me soutenir."
      On va lui répondre : "Avec tes notes, ce n'est pas possible.. Ceux qui ont fait une SEGPA sont prioritaires. Il y a que quelques places pour les élèves de 3ème ordinaire et tes notes ne sont pas suffisantes." 
      Kevin va dire : Mais j'avais demandé d'aller dans une classe dérogatoire pour pour rattraper mes lacunes, mais la classe a été supprimée. Les fédérations de parents d'élèves et les pontes de l'éducation nationale avaient poussé pour cela. On m'a dit que c'était mieux pour moi d'être dans une classe normale". 
      On va lui répondre : "tu n'avais qu'à t'appliquer et faire plus d'efforts."
      Et Kevin va dire : 'Mais je me suis appliqué, j'ai fait des efforts une fois. J'avais les idées dans la tête mais j'arrivais pas à faire des phrases. Mes notes sont d'ailleurs passées de 4/20 à 6/20.'
      On répond à Kevin. 'C'est la faute du prof, il devait t'aider. '
      Kevin répond : " Il m'a aidé, 5 minutes par cours pendant un mois. Mais les autres de la classe se moquaient de moi. Et je ne progressais pas vraiment. Alors j'ai arrêté."
      Là, le conseiller d'orientation finit la conversation."Ce n'est pas moi qui a inventé les règles. Avec tes notes tu peux choisir entre ces 5 formations. Autrement tu ne seras jamais pris". Et aucune des 5 formations intéressaient Kevin.
      Il ne faut pas s'étonner que dans les quartiers la personne la plus haïe est le "conseiller d'orientation".

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