• L'autisme sans préjugés

     

    A lire d’urgence : une immersion dans le quotidien des ados autistes Version imprimable Suggérer par mail
    16-06-2009
    photo brigitte lavauL’autisme comme vous ne l’avez jamais lu… Des dizaines de livres et de films nous ont montré la vie entre les murs d’une salle de classe. Pourtant jusqu’ici, aucun témoignage n’avait donné à voir le quotidien d’un établissement médico-social. C’est chose faite avec le talentueux récit de Brigitte Lavau « Je vais passer une bonne journée cette nuit » (éd. Seuil, 17,50 €). Interview.

    Comment est né ce livre ?
    Brigitte Lavau : Depuis le premier jour où j’ai commencé à travailler dans un hôpital de jour (celui nommé dans le livre « Les Jonquilles »), j’ai tenu un journal où je notais tout ce que disaient les adolescents. Mon objectif n’était pas d’en faire un livre, mais de garder une trace de la richesse des échanges avec les jeunes. Au bout de sept ans, j’avais sept cahiers ! Petit à petit est venue l’idée d’utiliser toute cette matière. J’avais envie de faire entendre la voix des éducateurs qu’on entend peu et de montrer une facette un peu moins misérabiliste de l’autisme.

    Tout y est vrai ?
    J’ai mélangé les expériences que j’ai connues dans deux institutions, j’ai modifié les prénoms, mais je n’ai rien inventé. Les ados ont vraiment prononcé toutes ces phrases décalées et ”perles” que je rapporte. Nous en avons ri ensemble. Car s’il y a des moments douloureux que je raconte aussi, il y a beaucoup d’occasions de sourire.

    Il y a beaucoup de débats autour de l’autisme. Comment vous situez-vous ?

    Pour moi, la querelle entre l’école psychanalytique et les « comportementalistes » est stérile. Je crois qu’on est encore loin de tout connaître sur l’autisme. Il faut avancer avec humilité, humanité et sans œillères. L’hôpital de jour « Les Jonquilles », que je décris dans mon livre, est issu de la « vieille » école psychanalytique, et pourtant l’équipe n’avait pas peur d’expérimenter. On utilisait par exemple un tableau-emploi du temps avec des photos et pictogrammes.

    Même s’ils ne sont pas présents au quotidien, les parents tiennent aussi un rôle important dans votre récit. Ont-ils lu le livre ?
    Certaines institutions ont parfois du mal à s’ouvrir aux familles, mais pour moi les échanges avec les parents sont essentiels. Ils ont été, avec les membres de l’équipe, mes premiers lecteurs. Ils m’ont dit avoir été émus qu’on parle de leurs enfants de manière positive. Ils ont même appris sur eux des choses qu’ils ne connaissaient pas. »

    Est-ce que vous continuez à écrire ? Est-ce que vous imaginez une suite à ce récit ?
    Bien sûr, je continue à tenir mon journal. D’ailleurs si j’oublie d’écrire un jour, les adolescents me le rappellent, car c’est très important pour eux. Mais je ne sais pas encore si cela fera un autre livre. »

    http://brigittelavau.blogspot.com/


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