• L'Acceptation du diagnostic

    Beau témoignage de cette maman Il rejoint mon article sur le "Deuil de l'enfant normal" (Autiste Sylvie Desjardins)

    L’acceptation du diagnostic

    Julie CremadesNotre lutte est une bataille quotidienne de chaque instant avec des étapes déterminantes. Et l’une d’elle a été pour moi, une étape rapide. Pour mon conjoint, une étape longue et douloureuse: l’acceptation du diagnostic, mais surtout de la différence de sa fille.

    Suite au comportement de notre fille, la première idée du pédiatre fut une surdité. Dès tout les examens passés, et les bons résultats donnés, j’ai su qu’il y avait autre chose.

    En rentrant à la maison, en trois heures sur internet, j’ai compris et accepté de suite, que ma fille était autiste. J’avais même fait le test MCHAT, qui montrait cinq sur six réponses « mauvaises ». Et en lisant les témoignages, j’ai su qu’il fallait commencer de suite la prise en charge, et ne pas attendre.

    Mais pour son papa, l’histoire fut autre. Dès qu’il a su que sa fille entendait bien, il a été soulagé. Ouf, sa fille, grande prématurée, prenait juste son temps. Il fallait la laisser tranquille. Et là, j’ai su qu’on allait vite savoir si notre couple était aussi solide que je le pensais ou non…

    Il m’a fallu cinq mois. Ce n’est rien dans une vie, mais dans une prise en charge de l’autisme c’est très long. Il refusait tout rendez-vous, toute piste, ne m’aidait dans aucune démarche et pensait que j’en faisais trop. Moi, je ne dormais plus, et j’avais des brûlures d’estomac terribles, car j’étais coincée entre l’homme que j’aimais et sa fille. Ne voulant briser ni l’un ni l’autre, mais ayant conscience de l’urgence de la situation…

    Ce qui nous a sauvé? Des vacances au ski avec des amis. Des vacances extra, mais aussi en cohabitation complète avec leur fils, plus jeune que Maëlys de quelques semaines. En rentrant, mon homme m’a dit qu’il avait passé des vacances magnifiques, mais qu’il avait aussi prit la plus grosse « baffe » de toute son existence.

    De ce jour, tout a changé. Les démarches se sont faites à deux, on a bataillé et soulevé les montagnes à deux, et pris les décisions à deux. Et c’est ainsi que, six mois plus tard, Maëlys a commencé sa vraie prise en charge.

    Plus de quatre ans ont passé, et mon conjoint est un papa en or. Autant pour sa grande fille autiste de haut niveau, que sa petite dernière neurotypique et précoce. Et, je crois qu’on peut le dire, notre couple est solide.

    L’acceptation peut être rapide ou longue, difficile ou un peu moins. Mais elle est une étape primordiale à la prise en charge de nos enfants. Oui, ils sont nés autistes et le resteront toute leur vie. Mais on peut les aider, et les faire avancer. Mais pour ça, il faut l’accepter.

    Cela n’empêche pas, que lorsque j’ai reçu ma première notification MDPH reconnaissant ma fille « handicapée » et le premier diagnostic officiel d’autisme, j’ai pleuré. Accepter ne veut pas dire ne pas en souffrir, pour elle et son avenir.


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