• Diagnostiquer la dyslexie grâce à l'imagerie cérébrale

    Diagnostiquer la dyslexie grâce à l'imagerie cérébrale 

    «Ce type d'étude peut aussi nous donner des pistes à explorer pour aider les enfants à compenser leur déficit». (Crédits photo : Manuel Balce Ceneta/AP)

    L'imagerie cérébrale d'adolescents dyslexiques est le meilleur moyen actuel de détecter ceux qui arriveront à corriger leur handicap, annoncent des chercheurs de l'École de médecine de Stanford en Californie (PNAS, 4 janvier 2011).

    Les chercheurs ont d'abord enregistré par IRM fonctionnelle l'activation au cours de la lecture du cerveau d'adolescents de 14 ans dyslexiques, puis renouvelé la mesure deux ans et demi plus tard. Les enfants qui avaient le plus progressé dans la lecture étaient ceux qui sollicitaient le plus une région de leur cerveau droit, le gyrus frontal inférieur, et qui présentaient aussi les meilleures connexions entre cette région et celles de l'audition. Lorsque ces deux critères sont remplis, Fumiko Hoeft et ses collègues arrivent à prédire une amélioration de la lecture chez plus de 70% des adolescents dyslexiques, et même chez 90% d'entre eux si l'ensemble des données cérébrales sont prises en compte.

    Des exercices spécifiques

    Le gyrus frontal inférieur droit était déjà connu pour être recruté par les dyslexiques lors de la lecture, et cela d'autant plus qu'ils sont âgés alors que l'activité de l'hémisphère gauche est déterminante chez les lecteurs normaux. L'étude montre ainsi l'importance de l'hémisphère droit dans les mécanismes de compensation mis en place chez les dyslexiques. Ces résultats confirment aussi qu'une stratégie cérébrale alternative de la lecture peut se développer chez certains enfants dyslexiques et les auteurs suggèrent que d'autres méthodes d'apprentissage de la lecture pourraient leur être plus profitables.

    La voie est-elle ouverte pour une analyse de tout enfant dyslexique par IRM du cerveau? «Non, relativise Ghislaine Dehaene, pédiatre et spécialiste de l'unité de neuro-imagerie cognitive du CEA à Saclay. Cette étude ne doit pas faire oublier que chaque enfant est unique et la dyslexie un phénomène complexe qui résulte de multiples facteurs. Une difficulté à distinguer certains sons semble cependant un facteur de risque important pour l'apparition ultérieure de la dyslexie et pourrait être détectée à la naissance dans des familles particulièrement touchées. Ce type d'étude reposant sur l'imagerie cérébrale peut aussi nous donner des pistes à explorer pour aider les enfants à compenser leur déficit.»

    En France, la dyslexie concerne environ 5% des enfants et se manifeste dès le CP par une difficulté à associer lettres et sons, surtout pour des sons brefs comme p, t, b. Le diagnostic, porté par le médecin traitant, peut conduire à des exercices spécifiques qui permettront de la corriger au moins en partie. Ce trouble de l'apprentissage a une composante génétique, des antécédents familiaux existant dans près de 70% des cas. Il peut être aggravé par un faible entraînement à la lecture, ce qui explique en partie pourquoi les milieux sociaux défavorisés sont les plus touchés. De multiples méthodes existent pour le corriger chez l'enfant, mais «dans la plupart des cas, précise Ghislaine Dehaene, la meilleure éducation reste encore la pratique de la lecture dès le plus jeune âge, ne serait-ce que par des bandes dessinées ou Internet».


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :