• AUTISME : LES SPÉCIFITÉS DU FONCTIONNEMENT D’UN ÉLÈVE AVEC DES TROUBLES ENVAHISSANTS DU DÉVELOPPEMENT

    AUTISME : LES SPÉCIFITÉS DU FONCTIONNEMENT D’UN ÉLÈVE AVEC DES TROUBLES ENVAHISSANTS DU DÉVELOPPEMENTPar Élisabeth Bintz

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    Ces élèves présentent des troubles de la communication, verbale et non-verbale. Qu’il parle ou non, l’enfant avec autisme ne voit pas l’intérêt de communiquer. L’objectif va donc être, petit à petit, de le convaincre de cet intérêt. J’insiste tout particulièrement sur l’aspect « petit à petit » qui est un facteur clef de la réussite des apprentissages. Il faut effectivement agir en douceur, dans un cadre rassurant, et montrer que l’acte de communiquer, en permettant de réduire l’attente et la frustration de ne pas obtenir ce qui est désiré, apporte un bienêtre significatif. L’école a une place essentielle à tenir dans ce processus : elle permet à l’enfant de sortir de sa bulle familiale dans laquelle les parents, souvent épuisés par la répétition des crises violentes, finissent par anticiper systématiquement sur ses demandes pour lui donner tout ce dont il a besoin.

     
    Les enfants avec autisme souffrent également de troubles des relations sociales, étroitement liés à ceux de la communication. Le monde extérieur, et plus particulièrement « l’autre », les inquiète. Ils ne comprennent d’ailleurs pas ce que veut la personne qui est en face d’eux, ni même ce qu’elle ressent, et ils peuvent être surpris par des réactions pourtant anodines ou des situations sociales ordinaires.

    L’enfant avec autisme a des centres d’intérêt restreints et / ou des conduites répétitives. Les nouveautés étant pour lui des sources de stress, et de stress parfois ingérable pour lui, l’enfant préfère se cantonner dans les activités qu’il connaît, et qu’il peut ainsi les répéter à l’infini, sans se lasser : ce facteur pourra être à la fois un obstacle mais aussi, comme on le verra ultérieurement, un réel point d’appui pour les apprentissages.
    L’enfant avec autisme ou autre trouble envahissant du développement envisage difficilement les objets dans leur globalité. Il s’attache à leurs détails et parfois même à un seul détail. Dans une rue, il peut s’arrêter devant toutes les boîtes aux lettres jaunes de la poste et n’attacher son intérêt qu’à ce détail. Pour avancer, il devient alors obligatoire de les éviter ou de parvenir à les masquer au regard de l’enfant. Ou encore, dans un couloir, il peut être attiré par les interrupteurs et rester obstinément à allumer et éteindre la lumière, ce qui peut le fasciner pendant de longues heures.
    Pour illustrer ce propos, voici une petite anecdote significative : « Une mère d’enfant autiste portait une queue de cheval. Un matin, prise par le temps, elle vient réveiller son fils les cheveux détachés. L’enfant est pris de panique, refuse de se lever et hurle. La mère décide de le laisser se calmer, repart dans la salle de bain pour poursuivre sa toilette et se coiffe comme à l’habitude. Elle retourne dans la chambre. Le lever s’effectue sans soucis. La mère, prise dans le déroulement de la journée ne comprend pas ce qui a pu se passer. Il faudra que cette scène se déroule plusieurs fois et que la crise soit récurrente pour que la mère comprenne. »
    Le problème est que le détail qui fascinera l’enfant avec autisme sera parfois si infime qu’il risquera d’être indiscernable ou incompréhensible par toute autre personne.
    Un changement de parfum, un léger décalage dans le déroulement chronologique de la journée peut suffire à troubler son fonctionnement. Cet aspect du comportement de l’enfant autiste peut toutefois faire l’objet d’un travail, et les détails comme les conduites répétitives qui accompagnent les centres d’intérêt restreints peuvent devenir des points d’appui pour les apprentissages.

    LE FONCTIONNEMENT DE L’ENFANT AVEC AUTISME EN UN COUP D’OEIL
    Le fonctionnement de l’enfant avec autisme est différent à 3 niveaux :

    • la communication verbale ou non verbale,
    • les interactions sociales et leurs sens,
    • ses centres d’intérêts restreints et ses comportements répétitifs.

    L’enfant avec autisme a des difficultés à traiter les informations visuelles et auditives, plus particulièrement les nouvelles.
    Il s’attache à des détails qui échappent bien souvent à son entourage.
    Il éprouve des difficultés à se repérer dans le temps et dans l’espace.
    Tout l’environnement de l’enfant doit donc être structuré, clair et prévisible.
    Tout doit être organisé de façon cohérente avec toutes les personnes qui vivent et travaillent avec l’enfant.

    L’ENVIRONNEMENT

    • Il doit être stable.
    • Il faut mettre en place des outils pour fixer le déroulement de la journée. Les différents espaces doivent chacun être consacrés à une activité précise afin que l’enfant puisse installer ses repères.
    • Les changements éventuels doivent être envisagés avec beaucoup de précaution car ils inquiètent énormément l’enfant et peuvent bloquer irrémédiablement un apprentissage pourtant bien engagé.

    LA COMMUNICATION

    • Que l’enfant parle ou non, la communication reste complexe tant au niveau de la compréhension de son sens que dans sa mise en œuvre.
    • Le langage est parfois employé de façon idiosyncratique, propre au sujet.
    • Les aides visuelles tels les pictogrammes peuvent constituer une aide à la communication, que ce soit pour des mots du quotidien ou pour exprimer ce que l’enfant ressent. L’information est visualisée et ne disparaît pas comme la parole, ce qui permet à l’enfant de ne pas perdre le fil de son idée.
    • L’enfant avec autisme étant hypersensible, pour communiquer avec lui, il faut le calme auditif et visuel : pas de bruits au loin, pas de lumières trop vives… susceptibles de le perturber.

     

    LES INTERACTIONS SOCIALES

    • L’enfant avec autisme est souvent seul dans son monde.
    • Cependant s’il est rassuré, accompagné dans la compréhension des jeux, il peut apprécier les interactions avec autrui.
    • Intuitive pour les autres enfants, l’appropriation des codes sociaux et la compréhension du ressenti d’autrui doivent faire pour lui l’objet d’un apprentissage systématique.

    L’APPRENTISSAGE ET LA GÉNÉRALISATION

    • L’enfant avec autisme éprouve des difficultés pour réinvestir dans un autre contexte les acquis précédemment assimilés dans un contexte défini.
    • Il est de ce fait nécessaire de lui permettre de conserver des repères communs d’une activité à l’autre, d’un contexte à l’autre : une panière bleue au début de l’activité, une rouge à l’arrivée, son timer pour visualiser le temps dont il dispose, pour manger à la cantine des pictogrammes identiques à ceux qu’il utilise à la maison…
    • Pour lui permettre d’intégrer les procédures simples du quotidien, les répétitions doivent être nombreuses, dans un contexte identique dans un premier temps puis progressivement évolutif afin que l’enfant perçoive qu’il n’existe pas de danger à changer, voire que l’activité peut avoir du sens pour lui, par exemple en réduisant la frustration.

    L’AUTONOMIE

    • L’enfant pourra acquérir d’autant plus d’autonomie que ses apprentissages seront organisés.
    • Le début passe le plus souvent par la décomposition des tâches à effectuer afin d’en faciliter sa mémorisation.
    • Plus l’enfant est indépendant, moins il est frustré par l’attente d’une aide ou par l’incompréhension d’autrui face à ses demandes, et son bien-être en est ainsi augmenté.

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